08/06/2008

Vie locale

Je commence à croire que l’expérience ou l’accident du mois d’avril m’a changé, ou bien c’est à cause du side effet du médicament que j’ai le sentiment d’être trop consciente, peu concentrée et dormeuse dans la matinée, pour pouvoir écrire dans un état de pulsion d’intuition et d’inspiration, comme je l’avais fait. Il semble que j’ai perdu l'émotion, ou le style, alors que la logique, la raison ne fonctionnent pas encore assez bien. J'ai tendence aussi de renverser bien des choses que je croyais et sur lesquelles j'avais écrit.

J’ai voulu au fait parler de la vie locale. Ce serait une vie insupportable pour moi. C’est encore pas qu’elle est trop chère, mais qu’elle est trop industrielle, ou trop rangée. Elle est remplie d’outil, couverte de réseau, de la technologie. Les démarches administratives se font tous avec un coup de fil et un adresse d’E-mail. En France il faut lire du papier, ici il faut surfer sur l’internet car tout y est. L’envahissement inhumain fonctionne de manière plus systèmatique, ou efficace. Le temps qui reste est alors pour les loisirs. Il parait que les gens ici n’espèrent rien ni ne désespère de rien. Ou bien l’espoir même est une chose luxieuse à y penser, de même que le désespoir.

Pour remplir ce temps, ils compliquent la manière de s’amuser, le golf serait le résultat de cette tendance. Les loisirs peut être la marque de la classe. Un dimanche de beau temps comme aujourd’hui, il y en a qui font du jogging, qui se promènent avec leur chien ou enfants, il y en a qui font du pique-nique autour d’une table sur une pelouse face à la mer, il y en a qui sortent leur bateau pour flotter sous le bon soleil pendant deux heures. Les gens sont, à ma surprise, très bien équipés pour leurs loisirs à deux pas de leur porte.

Je commence justement à m’ennuyer de la mer ici, s’il n’y a pas le coucher du soleil ou les mouettes qui y décorent, s’il n’y a pas de gens qui revivifient ce fond bleu et gris. Sur cela je rejoint l’idée de Segalen qui préfère le torrent dans le fleuve que la mer informe, cette dernière est d’une beauté qui deviendrait monotone sans l’intervention de la civilisation.

Ce qui est pire dans cette vie, c’est qu’elle n’a pas de goût, au sens littéral du mot. La spécialité dans la rue est fish and chips, les smoothies, les crèmes. En plus, à trois heures de l’après-midi, sur le market street, centre de ce petit town, tout le monde presque est en train de consommer un peu n'importe quoi dans la bouche. C’est en ce moment que j’ai la nostalgie pour la Chine, la France et l’Italie, pour la délicatesse de leur nourriture.

Les amis de Gannochy sont pour la plupart partis. Sont arrivés les visages inconnus. Les étudiants chinois qui dépensent énormément pour obtenir un diplôme d’économie pendant un an conitinuent leur compétition et expérimentation de la cuisine. Reste la bibliothèque qui continue à me plaire et qui ne change pas. Mais si, elle change. Il y a moins d’étudiants qui y bavardent. Plus tranquille, et je ne peux plus y rester tard le soir.

Je ressens aussi une nostalgie bizarre. Je ressens qu’une partie de la vie ici est proche de celle à Shanghai Il y a quelques choses qui me rappelle Shanhai des années 80s, mais je ne sais le préciser.

Cette vie me reste encore 3 semaines.

01/06/2008

Hé vous,et moi,bonne fête!

Ah oui, comment je peux oublier de vous souhaiter la bonne fête aujourd'hui. C'est important de se faire croire que l'on demeure enfant, que la vie est juste un jeu d'enfant selon de divers règles. Alors bonne fête d'enfant à vous et à moi-même(cliquez ICI pour un petit morceau de cadeau), bien que je suis plutôt en gris ces derniers jours.

En gris, car je me trouve de nouveau angoissée par l'avenir, s'il y a encore l'avenir, par les dates limites, et je me sens finalement fatiguée des écrits académiques et efficaces, fatiguée de la routine actuelle de biblio-cuisine-chambre. J'ai besoin d'un travail pour voir que je suis utile et que j'existe encore. Je pense, parfois trop, mais je ne suis pas.

***
J'essaie de mettre en ordre mes notes précédentes mais je me rends compte que c'est un dur travail. Tout est mélangé, il y a pleines de citations qui n'ont rien à voir avec ma dissertation finale. Je peux peut-être en déposer quelques-unes ici. En voilà quatre sous mes yeux:

Ecrire, c'est livrer le reard de solitude absolu que l'on porte sur la soliture absolu de l'autre...La solitude est le seul état qui convienne à l'impératif que l'écrivain ressent de dire tout, y compris ce qu'il ne pensait pas avoir à dire.

La solitude est ce qui ne s'exprime pas; Elle est consubstantielle au silence. Elle est radicale mais nécessaire pour que l'immensité du monde résonne dans le bruit du battement de mon sang, pour que j'éprouve la volupté singulière, trise ou douce, de survivre, de respirer, de pouvoir rester seul malgré cette émotion et cet éloignement de sentir que je vis.

La solitude recourt aux mots pour leur imposer de dire ce qu'ils n'avaient pas été conçus pour dire, elle se sert de leur matière et de leurs rythmes pour créer des cohérences hors des codes qu'ils étaient censés assurer, elle les agence de telles sorte qu'il livrent une singularité sur laquelle on ne saurait s'entendre quand il entre dans la vocation de l'écrivain d'être à jamais incompris. La solitude à laquelle il est voué déjoue les conventions qui à tout instant s'instaurent, elle l'appelle vers tout ce qu'il n'a pas dit, elle lui montre un idéal toujours autres. Il avance dans un désert qui n'est jamais assez le désert.

L'enfant dans une poussette ne regarde plus sa mère mais devant lui. Il(Olivier Rey) remarque, "le retournement des enfants dans les poussettes, afin qu'ils regardent vers l'avant, relève du souci de promouvoir la liberté, la créativité, l'autonomie de chaque individu." Le père ou la mère poursuit sa conversation téléphonique tandis que l'enfant dort ou s'occupe dans son berceau mobile. Chacun est ainsi libéré? Mais de quoi?
(--Magazine littéraire, Hors série, oct-nov. 2007)

24/05/2008

Alter-didacte

L’autre jour, mon directeur me dit à la fin du RDV : "Bon courage. Tout n’est pas perdu. C’est comme laver du vêtement, on dit que de laver le vêtement, c’est redevenir nouveau."

C’est-à-dire donc que je suis renouvelée.

***

L’amour propre, l’indifférence apparente, et la conscience de ses maux et de son bonheur. C’est ce que j’ai appris de Rousseau le promeneur.

Dans les rêveries. Ce serait un état idéal pour faire les confessions. Ou bien on n’entend que des vérités. Et les vérités de la vie sont souvent aussi cruelles que la liberté. Pourtant nécessaires.

Eloge de l'amour(Extrait)

Eloge de l’amour. Film de Godard que j’ai trouvé par hasard parmis d’autres coffrets dans la bibliothèque. Le film est tourné en 2001, Godard joue avec le temps. Il joue les quatres moments de l’amour : la rencontre, la passion physique, la séparation et puis les retrouvailles. Il fait remonter la période d’un amour, de la nôtre vers celle de la Résistance. Il joue le rétro de l’Histoire du cinéma en tournant un film noir et blanc à l’âge numérique.

Et il montre ce que peut devenir une philosophie montée par la caméra.

Un film très obscur, mais beau.


-Chaque pensée devrait ressembler au naufrage d’un sourire.

-Peut-on dire que la guerre, c’est une guerre de religion ?(Question posée par un docteur qui a fait une thèse sur le Catholique et la Résistance)

-F: Mais pourquoi tu l’appelles Monsieur? Il est plus jeune que toi, n’est-ce pas ?
H: Parce qu’il est la seule personne qui essaie de devenir adulte.


(une longue voix-off, avec les images des flots, des roches, numériquement colorées, avec un effet onirique)

-C’est facile, la tragédie. On est tranquille. Ca roule tout seul... La mort, le désespoir et la trahison sont là, tout près ; et les éclats et les orages, et les silences, tous les silences...C’est propre la tragédie. C’est pesant, c’est sûr.
Dans le drame, avec ses traîtres avec ses anciens acharnés, ses innocences persécutées, ses vengeurs ses traineur, ses lueurs d’espoir...cela devient épouvantable de mourir...comme un accident.
Dans la tragédie, on est tranquille. D’abord on est entre soi. On est tous innocents, en somme. Parce qu’on sait qu’il n’y a plus d’espoir...le triste espoir qu’on a pris, qu’on a enfin pris.


-H1: On n’a reconstruit que de pareils.

H2: Vous avez raison. Quand les faits deviennent légende, il faut obéir à la légende.

16/05/2008

Revenue

Ma valise est revenue, avec toutes mes notes académiques. Grâce à Student Support de la fac. Miraculeusement. Rétablissement de l'équilibre et du normal.

23/03/2008

Connaissance de la Chine ou de la parole

Je postule en bas "la présentation de l'éditeur" de qq livres de F. Jullien et de Umberto Eco que j'ai découverts sur Amazon.fr. Ils connaissent/théorisent bcp mieux que moi l'art de la Chine ou celui de (la sémiotique de) la parole, que j'ai appris et pratiqué intuitivement dans la vie même.

Concerant le cas de François Jullien, je vois que de distinguer nettement les différentes manières d'agir occidente/orientale semble assez bêtes mais ce serait pour moi une question de méthode, qui vise à ouvrir une "nouvelle voie" qui conduit les deux cultures à un certain niveau où ils trouveront des choses convergeantes, ce qui n'est pas du tout étonnant aujourd'hui dans le monde mondialisé. Je connais peu l'oeuvre de François Jullien, je dois l'avouer, mais ce qui me semble pertinent de sa position présentée dans son livre
Chemin Faisant de même que dans l'interview réalisé par le Magazine Philosophie (du mois de janv je crois..), c'est que pr indiquer la Chine il distingue deux choses: "ailleurs"(autre que chez soi, question géographique de "qu'est-ce qu'il y a"),qu'est la Chine même, et "Autre" (qui n'est pas soi, question conceptuelle de "qu'est-ce que c'est"), qu'est la Chine définie selon la perception de l'Occident. A partir de la Chine indiquée comme "ailleurs", Jullien propose le monde occidental à voir la Chine "comme les (cherchers) Chinois" tout en leur laissant la parole, c'est-à-dire ne pas les remplacer en les tuant. (ça vous rappelle qch hein...) Là je dirait qu'il s'agit de la phénoménologie de la perception de Merleau-Ponty...(réf: L'Oeil et L'Esprit)

Et puis, que distinguer n'est pas opposer.



Dire presque la même chose : Expériences de traduction (Broché)

" Supposons que dans un roman anglais, un personnage dise it's raining cars and dogs. Le traducteur qui, pensant dire la même chose, traduirait littéralement par il pleut des chats et des chiens serait stupide. On le traduira par il pleut à torrents ou il pleut des cordes. " Dire presque la même chose n'est pas un essai théorique sur la traduction, mais une illustration des problèmes que pose la traduction à travers des exemples qu'Umberto Eco a vécus : en tant qu'éditeur, en tant qu'auteur, en tant que traducteur. Ce sont ces trois éclairages que nous retrouvons dans un ouvrage qui fourmille d'exemples. Nul besoin de maîtriser les langues citées pour comprendre, puisqu'on est toujours dans la comparaison. Umberto Eco nous enseigne que la fidélité n'est pas la reprise du mot à mot mais du monde à monde. Les mots ouvrent des mondes et le traducteur doit ouvrir le même monde que celui que l'auteur a ouvert, fût-ce avec des mots différents. Les traducteurs ne sont pas des peseurs de mots, mais des peseurs d'âme. Dans ce passage d'un monde à l'autre, tout est affaire de négociation. Le mot est lâché : un bon traducteur sait négocier avec les exigences du monde de départ pour déboucher sur un monde d'arrivée le plus fidèle possible, non pas à la lettre mais à l'esprit. Tout est donc dans le presque du titre."

Si parler va sans dire, Du logos et d'autres ressources (Broché)

"Aristote nous a laissé ces équivalences majeures, s'imposant comme des évidences : que parler c'est dire ; que dire est dire quelque chose ; et que dire quelque chose est signifier quelque chose : destinant ainsi la parole à être le discours déterminant de la science, reposant sur le principe de non-contradiction et apte à répondre à la question grecque par excellence - désormais mondialisée - du " qu'est-ce que c'est ? ". En se tournant vers les penseurs taoïstes de la Chine ancienne, François Jullien rouvre une autre possibilité à la parole : " parole sans parole ", d'indication plus que de signification, ne s'enlisant pas dans la définition (puisque non adossée à l'Etre), disant " à peine ", ou " à côté " - qui ne dit plus quelque chose mais au gré. Or, n'est-ce pas aussi là, quelque part (à préciser), la ressource que, depuis Héraclite, en Europe, revendique avec toujours plus de virulence la poésie ? Aristote ne débat plus ici avec ses opposants familiers. S'invitent enfin à ses cours, pour dialoguer avec lui, des interlocuteurs inattendus, et même qu'il n'imaginait pas. "

Eloge de la fadeur (Poche)

"
Si la pensée chinoise est irréductible à nos concepts, ce n'est pas qu'elle soit préphilosophique mais bien, comme le montre François Jullien, parce qu'elle est, dès l'origine, antiphilosophique. La Chine n'a pas méconnu la voie conceptuelle : elle l'a refusée. Ce refus a fondé un art et une sagesse.

Ainsi, l'opposition du bien et du mal, de l'amer et du doux, du fort et du faible, du courbe et du droit, est abstraite et toujours contestable. Dès lors, le grand art et la suprême sagesse, comme l'attestent la peinture, la poésie et la cuisine chinoise, consistent à saisir la réversibilité des opposés, à faire goûter le sel sous le sucre, à révéler l'infini dans le fini, la présence par l'allusion, l'éternité sous l'éphémère. Si le Chinois n'est pas en quête d'universalité et de réconciliation dialectique, c'est parce que toute différence exige pour exister son contraire. Le yin suppose le yang, comme l'ombre la lumière. Le monde est par avance harmonieux et c'est à l'artiste d'en saisir le subtil équilibre.

Ouvrage sensible plus que savant, qui donne goût à la fadeur. --Paul Klein"


Du "temps". Elements d'une philosophie du vivre (Broché)

"La philosophie occidentale n'a cessé de se confronter à la difficulté de penser le temps. Qu'elles aient été construites à partir du cours cyclique des planètes, comme dans l'Antiquité grecque, ou selon la linéarité d'un itinéraire de salut, comme dans l'horizon judéo-chrétien, les représentations abstraites de la temporalité ont toujours été sources de paradoxes et d'apories. Le temps s'enfuit mais où va-t-il ? Le passé n'est plus, le futur n'est pas encore. Quant au présent, il se réduit à un insaisissable instant. L'être du temps nous échappe donc, autant que ses origines : y a-t-il toujours eu du temps ? On connaît le désarroi d'Augustin, dans ses Confessions, devant le vertige de ces interrogations. La condition temporelle de l'homme paraît bien conduire la pensée à ses limites. À moins que ce soit la conceptualisation occidentale de cette condition qui engage dans l'impasse… Philosophe et sinologue, François Jullien nous propose, à travers sa méditation sur l'élaboration chinoise de la question du temps, un fécond détour, un de ces décentrements de l'esprit dans lesquels Michel Foucault reconnaissait le véritable travail philosophique. "Fallait-il penser le temps ?" Par cette question radicale, l'auteur se hisse à la hauteur d'une réflexion qui embrasse sous un seul regard toute l'histoire de la métaphysique, d'Héraclite à Heidegger. Sur la question du temps dans la tradition philosophique occidentale, on pourra lire : Heidegger et la Question du temps de Françoise Dastur et Temps et récit de Paul Ricœur. --Émilio Balturi

Idées clés, par Business Digest
A quoi nous sert le concept de temps ? Cette notion tant de fois interrogée par les plus grands philosophes ne cesse d'habiter notre pensée quotidienne. Il ne s'agit pas ici de prolonger les réflexions sur le temps de Kant, Bergson ou de Heidegger - même si celles-ci peuvent servir de repères - mais bien d'envisager le concept de temps en le sortant de son cadre notionnel. Par le détour de la pensée chinoise, François Jullien nous amène à confronter la question du temps à la pensée du vivre pour tenter de concevoir ce que peut être le "vivre au présent".


Traité de l'efficacité (Poche)

La présentation est trop longue, à lire vous-même sur le site :-) Un dossier sur François Jullien l'a bien commenté aussi. Happy Easter!!

22/03/2008

Nouvelles de Taiwan

Pas grand chose mais, hyper contente pour Taiwan et pour Ma Ying-Jeou. Donc pas de guerre à Taiwan! Qu'un jour un système relativement démocratique PPC-KMT s'établisse en Chine pour qu'on évolue la situation actuelle avec plus d'espoir.

NB: Hier la famille d'une amie de St Andrews invitait leurs amis chinois à dîner. On était 5, deux filles de la province de Jiangsu, une de Taiwan, les trois faisant l'économie et la stratégie, un garçon de Hongkong en relation internationale, et moi. On parlait bien des politiques de la Grande Bretagne et de la Chine.
Qq constats de l'amie taiwanaise et de l'ami hongkongais sont bien intéressants: la taiwanaise dit qu'elle recoit une éducation qui lui dit depuis l'enfance que Taiwan est un pays, comme pour les jeunes de la Chine continentale, Taiwan est depuis l'enfance "une partie inséparable de la Chine".
Le garçon hongkongais, qui avait fait le droit à HK, dit que Hongkong est plus libre qu'il y a vingt ans, où, sous le gouvernement colonial britanique, le contrôle sur la liberté d'expression était assez fort, la population n'avait même pas le droit de la manifestation. Après la signature de la Déclaration en 1984, la situation commence à changer.
Bien mangé, bien discuté. Rentrée à la résidence, continue à travailler. Stop.