26/10/2009

Miracle...?

Fête nationale, un point de recyclage ambulant.
Traduction-panneau:


chariot électrique          RECUPERATION     anciens billets RMB

télé couleur  (taille/prix)

climatiseur  (format-fenêtre/prix)
                  (split-système/ prix)
      frigo             80yuan- 400yuan
machine à laver  60yuan- 250yuan
un ensemble d'ordinateur  100yuan-1500yuan

recevoir aussi les chaffe-eau, micro-ondes, électro-ventilateur...
machine à coudre, ampli-stéréophonique, chaine stéréo, ancien bac d'élément, ancien mobile

Unité("dan-wei". ie: qui désigne une entité dans le service public) TOUS LES DECHETS

 

Au contre-champ de cette prise de photo est dressé un panneau où s'affichent des lignes d'anciens billets de RMB, bcp de Mao Ze Dong, autrement dit. Je dis je peux en prendre une photo? L'homme-propriétaire fut un peu angoissé et dit: ah non non non non non pas de photo.


***


Merci Cochonfucius de vos aides, tout de suite après avoir lu vos messages je suis allée réssayer et j'ai réussi à y connecter!! Au début il y a encore eu un "internal problem" lorsque j'ai cliqué sur "submit" mais là j'ai avancé jusqu'à l'étape du paiement. Encore une fois je suis obligée de suspendre la progression, car j'ai déjà rendu ma carte VISA française et que je n'ai pas encore fait une carte VISA chinoise pour faire un virement international. Je trouverai une carte pour payer ou j'irai me faire une carte VISA et tout sera réglé.

Prochaine fois si je n'arrive pas à connecter sur un truc important, je réclamerai et j'en écrirai un billet ici et ça va faire rouler les choses. J'en suis sûre. Dis-donc, suis-je gâtée?


***

Non. Il n'y a pas de miracle.

C'est le titre d'une installation lumineuse figurée dans le programme de la Nuit Blanche parisienne 2009 (parc des butte-chaumont, N.9) j'ai été d'autant plus frappée par cette phrase que l'auteur de cette oeuvre vient de l'Ecosse. Il parait que c'est un territoire en partie connu des fantasmes vivants où existe véritablement quelque chose de mystique. True or false?



Libellé: post-it





24/10/2009

L'illustration

Fête nationale. Dans le métro de Shanghai.



J'ai posté trop vite et ai oublié de mettre la photo. La voici.
Voir le texte en bas.

Don't mention it and never mind

Mon ordinateur ne fonctionne pas très bien ces jours, de temps en temps un problème de mauvais contact dans le fil m'empêche d'utiliser tranquillement le courant alternatif et mon battery mode dure toujours très peu de temps.

Mon ordinateur est-il tellement en panne qu'il ne me laisse pas voir les pages de l'ambassade et des consulats de France? Ce matin je me suis bien posée la question, car pour lire une info sur la projection des films début novembre sous le thème "20 ans après la chute du mur de Berlin", j'étais transférée vers la page de l'ambafrance-cn.org mais c'est "Connexions interrompues", j'ai essayé les pages des consulats, ou plutôt je testais ces pages et c'était toujours "Connexions interrompues". Quelques choses d'irrémédiables ont encore été commises? Ou juste un problème technique vraiment normal de réseau de connexion?

Début après-midi tout est de nouveau accessible. D'accord, c'est juste un problème technique vraiment normal de réseau de connexion.


***

J'ai reçu récemment un mél de l'administration de St Andrews pour me rappeler de ne pas oublier de follow the link to complete the online application form for the coming graduation ceremony, even if you wish to graduate in absentia. Ok très bien je vais le vite faire. Mais, à ma surprise, je n'arrivais pas à ouvrir la page de la online application!! Encore une découverte, impossible d'ouvrir la page d'accueil de l'université! (Mais au moment où j'écris ce billet, je peux déjà lire la page de l'université mais ne peux toujours pas ouvrir l'online application).

Je reporte le problème et on me dit que c'est du jamais entendu et que l'application ne se fait qu'en ligne. Que dieu me bénisse. Y a-t-il une solution?? ... Au pire, y a-t-il quelqu'un d'ailleurs...???

Ci-dessous la retranscription de ce que me dit Internet lorsque je clique sur le lien vers l'on-line application:


Échec de la connexion sécurisée
portal.st-andrews.ac.uk utilise un certificat de sécurité invalide.
Le certificat n'est pas sûr car l'autorité délivrant le certificat est inconnue.
(Code d'erreur : sec_error_unknown_issuer)


Illustrées d'un icone de police en plus, sympa. Je n'ai rien compris ce que veut dire ces lignes. Qui peut traduire??


***

- Heu... pour les groupes sociaux, tu peux utiliser Facebook.
- Pas d'accès en Chine...
- Twitter alors.
- Non plus!!
- (faint)...C'est provisoire !?
- Eh bien j'espère!!
- Mais youkou c'est bon quand même.
- Youtube? c'est rebouché il y a longtemps...
- Non, pas Youtube, Youku!!
- Ah Youku... Youku, si!! Ca c'est bon en Chine!!
- Très bien alors.








Libellé: in Fabula, Chine est-ce Chine, post-it

21/10/2009

Au travail



Fête nationale, station de métro à Shanghai



Du mois d'octobre jusqu'à la fin d'année (chinoise et pas tellement chinoise), ce sera pour moi le gros combat. Mon travail actuel est un peu difficile à décrire car c'est compliqué et il y a de temps en temps du changement.
C'est en général deux parties de missions, partie éditoriale et partie apprendre-et-savoir-tout-faire-sur-une-page-web pour notre site-web, plus la traduction, plus les etc.. Le projet est admirable en somme, et le tout est très très formateur et me permet de sortir des idées de la tête. J'en suis aussi très reconnaissante pour l'occasion.
C'est le marathon du cerveau qui durera des mois, et il faut que je me prépare avant que la veritable journée de comble ne commence. Je suis allée acheter de la noix et du sésame noir car la nutrition chinoise dit que manger de la noix revitalise le cerveau. Je bois aussi du lycium tous les jours car c'est bon pour l'oeil.
Mais j'ai encore cette mauvaise habitude d'abuser le temps lorsque je ne dors pas.
On dit qu'il convient que le travail et le goût se sépare. La passion pour telle ou telle chose (texte et image, pour mon cas) qu'on retrouve dans le travail entraîne les gens à s'épuiser et ce n'est pas bon pour la santé, pour la longétivité, que sais-je. C'est assez paradoxal car sans la passion pour ce que je travaille, je ne crois pas pouvoir longtemps me tenir.
Donc, encore une fois je suis prête à m'épuiser. Je pense au moment où j'entamais la rédaction de la première partie de mon mémoire. J'avais très peur de ne pas pouvoir finir la rédaction à temps, je travaillais dans un état hyper stressé, j'y suis parvenue à la fin. Et je crois que cette fois, de même, j'ai à m'y mettre à fond.

***


Je fais les aller-retour entre les bureaux. Ca me fait plaisir de découvrir la vie de bureau, et ça s'apprend, la vie de bureau.

C'est la première fois que j'ai eu l'occasion de travailler dans un milieu plutôt chinois, enfin... plutôt de rapprocher le milieu professionnel chinois. J'ai été très impressionnée par le fameux "rapport de production" dans la théorie de Marx appliquée dans le contexte chinois. L'espace de bureau est au vrai une mini-arena où la politique se joue constamment: qui dit que les Chinois ne s'intéresent pas à la politique. J'ai été étonnée d'apercevoir que la façon dont gérait, communiquait, contrôlait une rédactrice expériencée, qui ressemblait en quelque sorte à celle de la gouvernance à la chinoise. Autoritaire, ou plutôt le zèle pour le mythe de l'autorité et puis du pouvoir.Intéressant d'observer car on y voit un peu où se trouvent les problèmes.

Autoritaire, je crois bien connaître cela. A l'université pour préparer un petit trimensuel d'étudiants ou encore pour une soirée de fin d'année, les deux jeux sociaux de campus étant morts aujourd'hui, j'allais trop vite sans l'opinion des autres et je faisais les commandes speedy, toi tu vas faire ceci et toi cela, tu viens ici et toi là-bas, allez vite on n'a plus le temps!!! Un étudiant d'une année plus jeune que moi me disait plus tard, en rigolant, qu'à l'époque ils "avaient peur de moi". Ouh là, ça m'a sérieusement choqué et m'a fait un peu peur à moi-même.

C'est pour cela que je crois comprendre assez bien l'état d'esprit de cette rédactrice-là. Bien garder le pouvoir, imposer de près, contrôler, pour que les gens puissent sagement et correctement travailler. Mais non, bien garder le pouvoir, c'est aussi écouter les gens avant de prendre la décision, savoir les motiver et mobiliser, ordonner sans trop y imposer. Un peu de détente fait du bien à tout le monde car être chef, ce serait surtout tâche stressante et il ne faudrait avant tout pas se stresser.

Alors on se faisait des réunions, on se parlait un peu pour souffler le problème. Les choses se sont évoluées depuis un mois, avec fluctuations, vers le mieux et vers le plus ouvert, me semble-il. Ce qui est bien nécessaire vis-à-vis d'un travail collectif, quelque peu théâtral.

Pour ma part, j'apprends et dois apprendre par-dessus tout à communiquer ce qu'il y a dans ma tête sans me faire mal comprendre. Vraiment, les rares gens, chefs et pas chefs, qui parviennent à me comprendre sans trop de peine ni trop de paroles me sont très précieux. A constamment balancer les tâches, barbouiller sur le calendrier dessiné et redessiné, à ne pas se laisser compresser et à dire non mais attendez, ne pas se laisser craquer et laisser couler les bruits insignifiants. A se professionnaliser, en somme. C'est assez dur par moment mais ça m'amuse.

Bon, il me faut aller dormir. Et non je ne vais pas dire quelle heure il est. Il faut dormir quand même pour pouvoir cultiver le jardin. A propos, cet apprendre-et-savoir-tout-faire-sur-une-page-web est une mission ravissante. J'avais dit à personne que j'avais envie d'apprendre le web-design et multimedia après le Mundus, je crois? Je souhaite seulement que delphine-zhihong dong peut être vraiment divisée en trois pour tribler le travail.

Et puis comme je suis terrible je veux répéter le nom du jardin. Il s'appelle Pavillon France en Chine et c'est sous forme d'un blog et je sais qu'il n'est pas difficile de trouver son adresse.

L'important n'est pas que vous l'aimez ou pas aimer, mais que les textes et les clips à venir soient lus et soient compréhensibles. On ne peut juger qu'à la fin du projet si ça a de l'intérêt et combien c'est intéressant. Jusque là, certains journalistes chinois commencent à faire les extraits de certains textes. Ca me fait un drôle de sentiment: la gêne d'être copiée et la réjouissance et l'espérance d'être copiée et diffusée au plus grand nombre.








(nb: Merci Oncle Bernard et Xiao-bob de m'avoir fait découvrir les deux films que vous avez cités suite à mon billet sur la danse. Je suis particulièrement séduite par le film Le bal/Ballando Ballando: très joli nom en plus, j'irai absolument voir ce film si l'occasion me permettra)






Libellé: La Chineuse Chine, in Fabula, post-it

Le billet raté: jouer au basket avec la bande de Xinjiang


Terrain du basket, le 4 octobre.



J'accuse... Encore une fois google a commis l'irrémédiable sur mon compte.

J'ai préparé depuis le 12 octobre un billet long intitulé "jouer au basket avec la bande de Xinjiang". J'ai rédigé dans le brouillon en ligne, j'étais sur les dernières lignes le soir du 19 octobre et là, je ne le trouve plus. Inutile d'en pleurer, alors je retrace le billet.


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C'était le 4 octobre. Mei m'a appelée : Dong, viens jouer au basket et puis allons à la piscine!
Mei est l'une de mes amies universitaires qui restent amies, l'une des membres de l'équipe féminine du basket.
Ca fait 3 ans qu'on ne s'est pas contactée. Je la croyais disparue au fait, retournée à Xinjiang, ou était en poste à Nankin.
Mais non. Lors de mon dernier retour à Nankin, dans un dîner avec les anciennes équipières, aujourd'hui devenues inspectrice, rédactrice, agente de commerce..., j'ai entendu de nouveau la voix de Mei, inchangée, qui dit à l'appareil, je suis à Shanghai, Dong!! On se voit!!

***

Lorsque j'ai revu Mei qui est venue me chercher, j'avais l'impression qu'on s'est quitté il y a juste deux jours. Ah, t'as pas changé! Mais toi non plus t'as pas changé...ô...que si, quand même un peu...
Le terrain de basket est à l'intérieur d'un quartier d'habitation haut de gamme, proche de la Tour de la Perle Orientale.
Mei a fait venir les amis pour qu'on puisse jouer en équipe. Ce sont tous les gens de Xin Jiang, alors que d'apparence, cela ne se distingue pas facilement. Ce sont ceux qui, après les études à Urümqi, sont venus à Shanghai tenter leurs chances et mènent aujourd'hui une vie bien à l'aise.
Une fois entrée sur le terrain, j'ai voulu jouer "comme avant", le trois contre trois, ou mieux, le cinq contre cinq. J'aime quand on marque un panier en équipe. J'aime aussi l'ovation qu'on nous donne à chaque fois qu'on fait une belle collaboration.
Tout ça me manque car le sport en équipe, c'est tout de même assez difficile lorsqu'on a quitté le campus.

***

A un instant on a joué "au terrain complet": courir du panier A au panier B du panier A au B.
Ce n'est pas tous les jours qu'on peut ainsi s'élancer dans l'air. Cet état m'est éloigné, mais tout était tellement vrai lorsque je courrais en pleine vitesse sur le terrain.
Je devenais une autre.
Le "terrain complet" a duré 15 minutes, à la fin je me dis, je n'étais pas aussi "vieillie" que j'avais imaginé car apparemment, je me tenais encore bien.
La réalité était ceci que le lendemain j'avais une crampe persistante au mollet.

***

Ensuite je suis allée à la piscine avec Mei. Les clubs de quartiers d'habitation fonctionnent comme ça, pour ceux qui n'ont pas la carte, le prix est hautement élevé. Piscine: 10yuan pour les membres, 8 fois plus cher pour les non-membres.
On s'est baigné un peu et puis Mei voulait aller à la petite chambre de sauna. C'est qch que je n'aime pas trop, le sauna, car les vapeurs réveillent la fatigue dont je me méfie tout le temps.
C'est dans la petite chambre remplie de vapeur qu'on a commencé à parler de l'intime. Ca va la vie à Shanghai ces jours? Mei savait ce que j'allais demander. Tu es au courant de ce qui s'est passé à Urümqi? Oui, bien entendu. L'émeute, comme on dit? Toujours l'histoire du désir de l'indépendance? Tu sais, les émeutiers, violence dans la rue, et ils forçaient les gens de les suivre, sinon ils tuent. Il y a eu de la mort parmi tes connaissances? J'ai appris qu'un ami de l'un des amis est mort. Ah.
Je dis, j'ai envie d'aller voir à Urümqi prochaine fois lorsque tu rentres. Mei a dit pas de problème, promis.
Sinon, tout va bien à Shanghai pour Mei, avec son copain français elle menait tranquillement sa vie.
L'ennui est que, comme elle est de l'éthnie de Kazak(hstan), elle devait normalement épouser un homme de la même éthnie. Pour cette relation qui franchit la frontière, sa mère est résolument contre et Mei n'a pas encore de solution.
Bah, tu vis de ton côté et avec ce bonheur que tu as, Mei, après, tu verras.
Et Mei pense de même.

***

C'est par pur hasard que je suis allée à la maison de la cousine de Mei qui s'est mariée récemment et qui habite le quartier. Je découvris l'apéro de Kazak, qui pour moi égale un festin: les fruits secs, le thé du lait, les fromages de brebis (super surper bon...), les salades des légumes... Tout était ramené de Xin Jiang, tout était bien aristocratique.
A la télé on regardait un vidéo du jour de mariage de la cousine. Il y avait un bal de noce et ca avait l'air très sympa. Personnellement, je trouve que le bal est l'une des meilleurs façons de fêter la noce, alors que la plupart des chinois ne font rien que de manger et de faire les plaisanterie pour produire du rire.
Je voyais alors Mei, habillée de robe noir, qui dansait d'abord toute seule puis avec une autre jeune femme, un peu à la folie. Elle devrait avoir trop bu le jour même. Et qu'en dirais-je? Cette Mei que je connais a toujours ce charme magnétique, et si un jour Mei ne dansait pas, j'aurais du mal à la reconnaître.
Devant la télé Mei a eu l'air timide. Mais ce n'était que passager et elle devrait être contente de ce moment de festivités. Après s'être vue danser, elle prit un luth de Xin Jiang et joua de la musique. Je n'ai jamais su que Mei savait jouer cet instrument. La musique était très belle et exotique.

***

Tout le monde est parti au restaurant de Xin Jiang, impossible de s'y échapper. L'endroit s'appelle 耶里夏丽(Ye-li-xia-li), qui signifie "The World". Curieux, non? Pourquoi je tombe une fois à l'autre sur ce terme.
L'ambiance a changé un peu, par rapport au moment du jeu sur le terrain. Les gens de Xin jiang parlaient entre eux en langue de Xinjiang, bla bla bla... De ne rien comprendre et d'entendre parler une langue comme le chant d'oiseaux, de temps en temps, ça n'a point de mal.
Par moment les gens laissent glisser quelques mots en mandarin, pour que je les entende, bien sûr. Le mandarin pour eux est un peu la première langue étrangère car ils l'apprennent qu'à partir de l'âge de 7 ans.
Un monsieur a voulu me raconter une blague, ça a fait rire tout le monde à table sauf le copain de Mei et moi. Mais j'ai saisi vaguement l'idée: un jeune homme de Kazak se fait arrêté par un agent de police parce qu'il est censé avoir volé un lingot d'or.
C'est une blague, ça??
Je crois avoir compris et avoir senti la méfiance des gens contre le pouvoir.

***

L'ambiance était un peu tendue pour un instant. C'était au sujet du mariage de l'éthnie. Il est vrai que, sur la table, tous ceux qui sont mariés sont de la même éthnie de Kazak. Mei s'est fait suggérer qu'elle devrait être sage et écouter sa mère et arrêter de faire n'importe quoi et à son gré. Mei critiquait assez ouvertement le cynisme de son entourage: il y a des gens de Xin Jiang qui profitent du confort ici, ne s'intéressent pas à ce qui se passent dans leur région et qui prétendent fiers de leur éthnie. Quelle drôle de supériorité éthnique et quelle idée de sang pur.
Pour être franc, le règlement du mariage de Kazak m'a fait sérieusement penser aux animaux domestiques: il faut que ça matches. Sorte d'exclusivité, compréhensible mais à s'en méfier, car il y a encore un mot tabou que ni Mei, ni son copain, ni moi n'a prononcé: le racisme.
La phrase est quand même ainsi dite:"c'est un peu comme les allemands, ça..." Je ne sais pas exactement ce que c'est, le racisme. Mais il me semble que toute exclusivité des éthnies, des races, n'est pas de l'échelle de "raciste". Par respect, il convient de ne pas mépriser les gens de d'autres races/nations, aussi par respect, il convient de ne pas imposer le chapeau du "raciste" sur la tête de ceux qui manifestent trop de zèle pour leur éthnie/nation.

***

Je me suis excusée et je suis sortie du restaurant avec Mei et son copain avant que le festin ne soit terminé. Ils sont très chaleureux, hein? me sourit Mei, t'y rentres avec moi, Dong, tu vas voir, là-bas c'est différent.

Au carrefour du quartier commercial de Xu Jia Hui, j'ai vu sur le passage aérien une grosse banderole sur laquelle s'écrit: "Vivement la solidarité du peuple de toutes les nations du pays! ("全国各族人民大团结万岁!") Dis-donc, le design urbain de la ville est pleine de créativité aujourd'hui.

Est-ce encore par coincidence que l'on repère cet endroit-là pour afficher cette banderole?

La journée a été très longue et vite passée.






Libellé: La chineuse chine, Chine est-ce Chine

08/10/2009

La danse de bal

(Photo: salle de danse de bal- ii)


C'était le 6 octobre.

J'avais demandé plusieurs fois à ma tante, peux-tu m'emmener à une salle de danse que tu fréquentes? Idéalement, je veux aller visiter Paramount... Mais je sais que c'est cher et qu'il faut avoir qn d'accompagnement. Et qu'est-ce qu'elle m'a dit? Ce sont les vieux qui se trouvent là et qui chattent entre eux, que veux-tu d'y mêler dedans? A moins que t'as qn d'accompagnement.

Par défaut, on a mis accord pour aller danser dans une salle de danse qu'elle fréquente, pendant les vacances.

Le 6 octobre, après-midi, la Salle Weiwei juste derrère Paris Printemps, facile à trouver, ne sois pas en retard!!

Ok, d'accord, mes jambes ayant encore mal, à force de courir sur le terrain du basketball l'autre jour, j'ai dit Ok tout de même, en pensant que ce serait l'unique chance pour aller découvrir une salle où dansent les gens de 40-60 ans : parce que si c'était juste pour danser, je choisirai absolument autrement la salle.

En arrivant, alors même que je rejoins ma cousine, elle m'informe dans un premier temps que l'on tombe mal, qu'aujourd'hui c'est une scéance spéciale pour que les gens d'âge moyen viennent danser en faisant la rencontre. Ah bon. Mais on peut toujours rester entre nous. Génial.

La salle n'est pas petite. Ma tante dit qu'elle est venue il y a une dixaine d'années, que c'est les amis qui lui a proposé de venir ici. Du style des années 1980? C'est chouette... Mais je me suis trouvée aussitôt effarée par la musique. C'est en live, ma foi, et en plus c'est la musique d'autre fois, les chansons de la période révolutionnaire! Un homme joue du clavier électronique, c'est tout à fait des années 1990. Deux hommes chantent à l'alternatif, plein de zèle et impossible de les arrêter même si leur voix sont franchement terrorrisantes et, je n'exagère pas, polluantes.

J'ai dû m'y accomoder, finalement ce n'est pas si mal de réviser un peu ces chansons que j'entendais, lorsque j'étais petite, dans les films au thème de la guerre: j'aimais bien ces films qui faisaient éloge à l'armée de la libération et j'étais souvent profondément émue par l'aspect héroique des histoires. Les chanteurs ont de bonnes mémoires car ils ont tout chanter sans un mot manqué dans les paroles, et ils ont presque tout chanter sauf l'hymne national.

C'est dans cette sorte de musique que les gens dansent. Ils ont l'air habitué et expériencé de saisir le pas en suivant la musique. Au début j'avais du mal à y croire, mais tant qu'il y a le rythme, c'est vrai que c'est toujours dansable. Le problème de suite est, quel rythme? et pour quelle danse?

Trouver le rythme pour telle ou telle danse, ce n'est que le début de la perte de ma raison. D'abord je me trouve peu sensible au rythme de ces musiques. Ensuite, même si l'on me dit que celle-ci est pour le rumba, (ah très bien je connais le rumba), celle-là pour les trois pas et celle-là encore, pour le Jitterbug, je me trouve un peu gênée car en observant les gens danser, je sens que ce que j'appelle comme rumba et ce que eux l'appellent, c'est complètement deux choses.

A expérimenter donc, en tout cas je n'y suis pas pour rester assise regarder les gens et subir de ce bruit désagréable. Ma tante a fait venir deux de ses compagnons de danse. Un monsieur de soixantaine, et plus tard, un autre de cinquantaine. Monsieur le soixantaine est très bon compagnon avec ma tante, ça fait des années peut-être qu'ils ont dansé ensemble, Cela se voit lorsqu'ils dansent un air aux pas vites, tout à l'aise, et en pleine cohérence. Ma tante, dans une veste scintillante, tourne un peu à la folie avec ce monsieur. Elle adore pivoter sur ses talons et laisser voler haut sa jupe, ce qui ne m'étonne pas même si c'est la première fois que j'ai vu son air tout ravi et son visage qui a fleuri.

Monsieur le soixantaine parle peu, me regarde simplement en souriant. Aucune discussion n'est possible, alors il m'invite à danser le rumba. C'est alors que j'aperçois que nous interprétons chacun notre propre rumba, que j'ai appris que leur danse ne fait pas partie de danse argentine mais celle de bal: 舞厅舞 (wu-ting-wu). Alors je bannis tout et essaie d'apprendre son pas de bal. Le monsieur danse mais ses pas sont bien confus, je ne peux donc pas bien imiter son pas. Impossible de suivre, d'autant qu'il ne dit pas les un-deux-trois-quatre, indispensable pour relever les cadences.

C'est avec ce second monsieur que j'ai retrouvé un peu la morale. Il m'a d'abord guidé pour un air de quatre pas. Je lui ai demandé ce que c'est comme pas de danse. Sous la lumière sombre et dans la musique bruyante, j'ai entendu vaguement sa réponse: pas libre. 自由步 zi-you-bu. J'en suis émue, et c'est là que j'ai compris qu'il y a quelque chose qui coule dans l'air de cette salle. Il m'a ensuite appris le Rumba de bal, en prononcant ensemble le un deux trois quatre, ça s'apprend vite en général puisque le pas même n'est pas compliqué.

Le reste du temps est pour s'amuser, se laisser inviter à danser, plutôt maladroitement au début mais de mieux en mieux si l'homme guide bien le pas. Il m'est arrivé une fois qu'un homme qui a l'air très businessman mais qui est moins vulgaire que j'imaginais m'invite à une valse de trois pas. La valse, c'est ce que j'ai appris à St Andrews, lorsque je suis allée une seule fois au salon de la danse. Un professionnel me guidait pour danser un air assez rapide de valse, en trois pas, à franchir largement le pas, et on parcourait toute la salle en se tournant en rond. J'avais un sérieux vertige à la fin à cause de mon anémie, mais c'était un grand bonheur que je ressentais de ce moment onirique, et très rare à la fois.

Le gentil businessman me dit, en dansant, que mes pas sont bons, mais il faut bouger le corps en haut et en bas, plutôt qu'à gauche et à droite. Mouvement entre le haut et le bas? Du genre parcours de Deng Xiao Ping, non mais qu'est-ce que je suis folle.

Tout au cours de ces deux heures de danse, une dame de plus de 50 ans comme biens d'autres se promène entre les gens, l'air sérieux, et font les notes sur un feuille. A un moment donné elle est allée parler au micro: c'est l'organisatrice de cette activité de rencontre-danse. A ma surprise, elle commence à prononcer les détails des infos des candidats. Moi je supporterai pas qu'on annonce d'une telle manière que Madame Delphine, 55 ans, de taille 1,65m, a un fils faisant les études au Japon, un appartement dans le district Hong kou, cherche un homme gentil et peu importe s'il n'a pas de maison ou qu'il n'est pas très beau / et le mieux et que l'homme soit beau et ait une maison et que ce ne soit pas très loin du centre ville.

A ma surprise encore, dans toute la salle, il semble que je suis la seule à être choquée par cette "ouverture" , alors que je n'ai rien à faire dans toutes ces affaires: je suis en même temps la seule moins de 30 ans dans la salle.

Ca y est, elle a annoncé toute information et ensuite, dit-elle, cette activité est organisée aujourd'hui, le 6 octobre, et puis il y aura une autre scéance, le 8 octobre. Tout à l'heure nous allons diner tous ensemble, si vous vous êtes inscrits, merci de ne pas vous absenter...hein... vous vous inscrivez, et donc vous devez venir.

Pourquoi ce genre de largos, cette pratique de communication sensorielle et d'espion amateur? Cet air dans lequel semble s'accroupit un secret quelqueconque? Se rendent-ils compte qu'à force du jeu, le paranoïa et la schizophrénie atteindront tout le monde? Mais peut-être ceci est déjà le cas. Peut-être c'est juste que ces jours sont complicitement considérés comme journées de répétition pour eux. Peut-être c'est naturellement politique à la chinoise. Peut-être je suis encore gravement naive.

L'après-midi se termine en un moment de dischotèque. Alors ça veut dire que les organisateurs souhaitent que les gens se souviennent de la danse de disco d'autre fois. C'est tout à fait la scène de 1980, que j'ai connu à la télé, qui se produit. Lumières éteintes et commencent à se tourner les boules illuminées en couleur, les projecteurs d'une lumière fine et faible. Ma tante nous incite à aller dans la piste, ma cousine et moi. Danser librement, je le sais, mais comment, dans cette ambiance décalée? Je reste plantée dans cette lumière sombre, un peu ennuyée.

C'est là que j'ai rencontré un homme, habillé de noir, qui danse seul, son corps étant presque comme celui d'un danseur argentine professionnel: sorte de perfection. Je dis qu'est-ce que tu es en train de danse? Lui veut alors m'apprendre quelques pas de Jitterrbug. Il dit que quand tu danses dans la piste, les gens regardent et en parlent. Je dis Ah. Il me dit qu'il te faut lever la tête et regarder en avant, puis m'aprend les pas de base et prononce à haute voix les un deux trois quatre: comment bien bouger et poser le corps sur le pas de deux, où mener le rein sur le pas de quatre. De ses mains qui me tiennent j'ai ressenti une force impulsive et déterminée, qui soutient mon corps lors du mouvement, le tient dans l'équilibre qui évite de tomber, une force qui me plaît bien.

Il hurle presque dans ce chahut dissonant: les pas de base sont très importants! Il faut bien apprendre et pratiquer ces pas avant d'apprendre les pas avancés! (je le sais, les profs de danse argentine disent pareil)! Je lui souris, lui dis à haute vois: tu as enseigné la danse? Il dit qu'il est juste là pour se divertir. Il me crie ensuite, d'un ton plus grave et ralenti: " Tu sais, c'est très simple!!... Juste quatre pas, quatre!! ... C'est pas compliqué du tout!!... Et après, c'est l'homme qui te guide!! Et tu n'as qu'à le suivre!! ...Tu suis ses pas et tu y arriveras!!... As-tu compris??" Sur ces paroles, dans ses yeux grands ouverts, brillent alors une lumière forte et qui perce tout droite, m'a surprise voire légèrement bouleversée, dans ces musiques vibrantes, mais dont je n'ai pas peur. C'est le noirceur que j'y ai vu au fond.

Pendant deux secondes j'ai eu envie de pleurer. Sans blague, et je me souviendrai de ce choc fugace. Fait-il aussi partie des répétitions, dans qule monde je vis, et ses paroles... Je suis retournée vers ma cousine, l'air un peu perdu. Ma cousine me donne un sourire significatif, ma parle en douceur : vous avez davantage parlé que dansé alors...Bah...C'est tout ce que je peux prononcer.

A la sortie de la salle, je dis au revoir à tout le monde, je vais par là, à l'Alliance française pour les livres. Au bout de deux seconde, ma tante demande, Quoi? Et ses yeux parlent: say it again? Je dis je vais à l'Alliance française... Heu...c'est-à-dire le centre de formation de la langue française... J'attendais qu'elle me demandait ce que c'était. Mais elle a l'air soulagée et satisfaite. Ah d'accord, alors à bientôt!

Est-ce que le mythe de la langue française habite toujours le coeur de la génération des 40-60 ans? Est-ce que l'affinité et confiance en cette langue subsistent encore chez les jeunes d'aujourd'hui? En tout cas moi, j'aime, puisque, quoique compliqué, ça sonne tellement cantabile.



Libellé: in Fabula, Chine est-ce Chine

Heu...ai oublié de joindre la photo. Je reprends.
(Photo: Salle de danse de bal)


Qui est "in", qui est "out"
(interprétée par: Serge Gainsbourg)
Source: cliquez ICI


Jusqu'à neuf c'est O.K. tu es "In"
Après quoi tu es K.O. tu es "Out"

C'est idem
Pour la boxe
Le ciné la mode et le cashbox
Qui est "In" qui est "Out"

Moitié bouillon ensui' moitié g-In
Gemini carbur' pas au maz-Out
C'est extrêm-
ement pop
Si tu es à jeun tu tomb's en syncop'
Qui est "In" qui est "Out"

Tu aimes la nitroglycér-In
C'est au BUS PALLADIUM qu'ça s'éc-Out
Rue Fontaine
Il y a foul'
Pour les petits gars de Liverpool
Barbarella garde tes bott-In's
Et viens me dire une fois pour t-Out's
Que tu m'aimes
Ou sinon
Je te renvoie à la scienc' fiction.
Qui est "In" qui est "Out"


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