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09/02/2009

En rond

"Mais pourquoi vous prenez les pizzas pour yuan-xiao jie?" "Hé bien parce que c'est rond, et parce que c'est bon."


Viens de rentrer à la maison. Suis crevée, mais suis fascinée par cette fête des lanternes qui serait l'une des plus belles, et exceptionnelles, dans ma vie.

Il y a deux ans, ayant reçu François Cheng à Bergamo, j'ai bien retenu la date de la fête, dernière journée des quinze premiers jours du calendrier lunaire de cette année-là. J'ai fait pourtant des bêtises en souhaitant, au couple de Cheng comme aux proches, une bonne fête de la lune. "T'es dans la lune, toi? On est la fête des lanternes!" Me moquait alors ma cousine via Internet.

Je crois que ce n'est pas tout à fait de ma faute, car...hé bien élevez la tête et voyez la lune au jour de la fête des lanternes: c'est rond! C'est rond n'est-ce pas, et ça évoque la réunion familiale, l'unis, etc.

Ce deuxième jour de mon premier travail, lors du déjeuner, la chef du bureau, femme qui a une personnalité admirable à mes yeux, qui va directe, honnête, ouverte, sévère, et drôle, nous parle de la soirée qu'elle va tenir à la maison. "Nous allons avoir les pizzas, moi je ferai les pates, M. X fera la sauce bolonese et c'est de la maison, puis les raviolis chinois, et bien sûr les tang-yuan, ou yuan-xiao, je sais pas, appelez comme vous voulez... Et la question se pose, les pizzas pour les lanternes, ça fait pas bizarre? Hé bien parce que c'est rond, et parce que c'est bon.Voilà! ...Tout ça pour dire que, si vous voulez, venez."

Je ne sais pas de quand ça date, mais je me trouve pour la plupart du temps parmi les gens qui bougent dans plusieurs continents, les couples mixtes, les familles migratrices. C'est avec ces gens-là que je me sens plus à l'aise et ai moins besoin d'expliquer les choses. Et en même temps leur vie m'est enviable. Je sais que les agitations géographiques vont me suffir un beau jour, qu'il se peut que je m'acquière une vie de stabilité comme la majorité le font; mais néanmoins, une vie autrement riche, incessament renouvellée, improvisée, vitalisée, m'aspire. Ce n'est point impossible, une telle vie, les gens diplomatiques, journalistiques, littéraires, artistiques que j'ai rencontrés m'ont fait déjà témoigner pleines de possibilités convainquantes. Il faut essayer de rendre pleine la vie, quel que soit l'état d'âme, et de la bien tenir dans notre propre main.

Ce soir, l'occasion ne m'est point inconnue: celle des Mundis, mundus au pluriel et au sens large qui désigne tous les migrateurs internationaux du monde. Les nationalités ne se compte pas aussi nombreuses que celle des étudiants Mundus, certes, ici on a Chine, Russie, Italie, France, Etats-Unis. Mais de différentes sortes de combinaisons peut se composer: né(e)...d'origine...qui habite...de nationalité...qui a travaillé dans...qui s'est marié à... qui est copain(e) de...qui ont séjourné en...Ainsi de suite. C'est une sorte de vie de luxe, si je puis dire, qui privilégie les gens qui ont un travail qui plaît, et qui vit, expérimente, crée, voyage, s'apaise, qui se débrouillent autant pour supporter les pressions, les solitudes, pour se confronter à toutes sortes d'emmerdements, fût-ce commutable aux émerveillements.

Dans la cuisine,(et ce genre de cuisine équipée qui me manque, depuis mon retour je n'ai jamais pu reprendre mon habitude de faire quotidiennement la cuisine) devant la machine à pâtes et la sèche-pâtes, les gosses s'excitent à se montrer futur(e)s chefs de cuisine: faciamo la pasta! Il faut rendre fin les pâtes, de 1 à 5, avant de les couper, en faire de petits rideaux de pâtes pour sécher. En parlant de la cuisine, il faut bien parler de la tactique et de l'art: comment donc couper l'onion sans pleurer, quels ordres à suivre pour rentrer mijoter les légumes primo et de la viande secundo, et comment respirer proprement pour profiter de ce délicieux odeur méditerranéenne tout en luttant contre la faim?

L'une des solutions pour la dernière question: regarder les petits. Les petits beaux comme les stars, et les petites hyper hyper mignonnes ou/et drôles. Des bilingues aux quadrilingues, dont la vitesse d'apprendre le chinois impressionne leurs parents.

L'heure du dîner, comme tant d'autres, c'est pour manger et discuter. Après, il faut sortir allumer les feux d'artifices et les pétards. On a je crois 2-3 grands cartons à finir. Je n'ai jamais allumé autant de feux d'artifices en une seule fois. Tous descendus, adultes, et petits angels mixtes qui au début ont tous peur et après font tout ce qu'ils veulent.

La suite des scènes est à la fois enivrante et féerique. Il suffit de rester là, regarder la douceur et le bonheur pur sur les visages allumés des petits, leur figure craquante colorée des feux d'artifice; et de rire des caprices qu'interprètent les bons hommes qui font pour la première fois cette fête des lenternes allumés par eux-mêmes. Et les étoiles, les étoiles qui clignotent et qui se lancent haut, éphémères, dans les cieux de la pleine lune.


(les lanternes rouges suspendus à la façade des tours d'habitation;
photographiées dans un quartier à Pékin; jamais vu ça à Shanghai)

19/10/2007

Ulysse continu

Ulysse, ou les topos du roman grec : l’amour, le voyage, la métamorphose, la reconnaissance ; les péripéties, le retrouvaille... Ulysse, ou Odysseus, c’est Homère. Homère, c’est tout. Tout est là, pour les auteurs comme pour les lecteurs grecs. Longus considère Odyssée comme le premier roman d’amour, et « chaque fois une question se pose dans le roman grec, dit la prof, les gens font recours dans les textes précédents, les épopées, c’est-à-dire chez Homère. »

Ulysse : (...)Voilà notre secret !...la preuve te suffit ? Je voudrais donc savoir, femme, si notre lit est tjrs en sa place ou si, pour le tirer ailleurs, on a coupé le tronc de l’olivier.
La plus sage des femmes, Pénélope, sentait se dérober ses genoux et son coeur ; elle avait reconnu les signes évidents que lui donnait Ulysse ; pleurant et s’élançant vers lui et lui jetant les bras autour du cou et le baisant au front, son Ulysse, elle dit : Ulysse, excuse-moi !...tjrs je t’ai connu le plus sage des hommes ! Nous comblant de chargrin, les dieux n’ont pas voulu nous laisser l’un à l’autre à jouir du bel âge et parvenir ensemble au seuil de la vieillesse !...Mais aujourd’hui, pardonne et sois sans amertume si, du premier abord, je ne t’ai pas fêté !(...)


(Homère, Odyssée, trad. de V. Bérard. Edi. Folio classique, 2007. P.412)

* * *

Je veux dire que, souvent, je me sens presque amoureuse avec lui. Presque, car j’ignore ce que c’est, ce sentiment, si loin si proche ; car je me sens tantôt Pénélope, tantôt Calypso, tantôt Ulysse lui-même, ou bien, peut-être, l’Aktoris, seule chambrière qui gardait l’entrée de leur chambre aux épaisses murailles. J’ignore s’il existe un dieu des voyageurs, mais ce devrait être lui.

Pour moi, c’est lui le dieu des voyageurs.

Mais pourquoi donc, le combat ? Vous alliez dire que c’est déjà écrit là-haut?

...Sans doute.

« Vous avez le choix : Ulysse ou le Cyclope. Vous choisissez Ulysse. Au péril de votre vie, après dix années de combats, vous avez pris la ville de Troie. C’est votre surnom : « preneur de Troie ». Sur le chemin du retour, vous avez perdu nombre de vos compagnons. Les uns, le Cyclope les a engloutis. Les autres se sont noyés. Ils ont mangé les Vaches du Soleil, en dépit de vos recommandations. Ils ont goûté à des fruits étranges qui procurent l’oubli. Ils ont fait l’expérience de vivre en cochons. Mais vous, Ulysse, vous avez dû lutter. »

(Ph. Brunet, Quatrième de couverture d’Odyssée, Edi. Folio Classique, 2007)

* * *

J’apprécie ce programme Mundus, ou plutôt ce cursus nommé Crossways in Europeen Humanities. Je l’apprécie de plus en plus, malgré ses balbutiements de l’année dernière, et je me réjouis à constater sa mise-en-route de cette rentrée. Dans un séminaire sur l’hétérogénéité de la poétique d’Ezra Pound, devant moi, ce sont ces jeunes gens d’une identité complexe, comme la mienne, une Philippine catholique dont une partie anglaise, une partie française et espagnole, un Canadien d’origine italienne grandi en trois langues, une journaliste mexicaine qui connaît mieux que les jeunes locaux la métamorphose de Dionysos. Les religieux indiens d’un esprit scientifique. Ces admirables voyageurs de lettres.

Et Ezra Pound. Pound a fait l’allusion, dans le premier Canto de sa poésie de vortex, à Ulyssee qui était allé consulter Tiresias. Il a la même question à poser pour le genre humain d’après 1914 : COMMENT RENTRER CHEZ LUI. Moi la Mundus, je pose aussi cette question, je la pose de manière d’un écrivain: l’écrivain, ce n’est que celui qui ne sait écrire et qui a la conviction de persister dans son écriture pour savoir comment écrire.

« Vous avez percé l’oeil du cyclope, le fils de Poseidon. Vous n’aviez pas le choix. De là vient l’acharnement de Poseidon à vous nuire. Pauvre Ulysse, incapable de profiter de l’immortalité toute proche que Calypso vous offre sur un plateau en or. Courage, les déesses vous protègent, et la terre n’est plus très loin !
Vous avez bientôt l’âge de Télémaque, celui d’Ulysse, puis celui de Laërte : déjà vous savez que votre vie s’est jouée quelque part entre Troie et Ithaque. »

(Ph. Brunet, Quatrième de couverture d’Odyssée, Edi. Folio Classique, 2007)

27/09/2007

Les Grecs peuvent-ils nous inspirer sur tout ce qui est de l'humanité?

J'ai souvent un intérêt particulier sur le parcours d'évolution des choses, c'est-à-dire leur histoire. Cette introduction sur la condition historique et politique de la naissance et du déclin du roman antique, cette vision même me paraît bien éclarante, ça me fait penser plusieurs fois au roman de nos jours:l'abondance de la litté-historique en question, de la litté-autobiographique ou encore de la litté-philosophique en Europe, et le déclin de la litté contempo publiée en Chine. J'affiche les notes de cette introduction malgré les erreurs de toutes sortes. Chacun en retirerait de quoi intéressant de sa part, j'espère...

Etudes grecques : le roman antique et son influence sur le roman moderne européen
26/09/07 INTRODUCTION

A étudier :
La découverte de ce qui est BEAU dans le roman grec mais aussi de leur influence sur les romans modernes européens du XVIe et du XVIIe Siècle.



I. La définition de la notion « ROMAN »

C’est un texte narratif, fictif, en prose, écrite en langue romaine, avec une langue vulgaire : « Novela »
Deux définitions :
1) l’apparition de la notion "roman" en France : fin moyen-âge. Furtière, éditeur du 1er dictionnaire français a défini en 1690 dans le Dictionnaire universel "le roman ": « ce sont des livres fabuleux (ie : fictifs) qui contiennent des histoires d’amour et de chevalerie, inventés pour divertir et occuper le temps des fai-néants (ie : lien avec l’oisiveté individuelle ; les gens du statut social médiocre n’ont pas accepté ce genre littéraire)
2) ( !!) l’INVENTION fictive qui sert à l’INSTRUITION :
« Ce que l’on appelle proprement romans sont des histoires FEINTES d’aventures AMOUREUSES, écrites en PROSE avec art, pour le plaisir et l’INSTRUCTION des lecteurs. Je dis histoires feintes pour les distinguer des histoires véritables ; j’ajoute d’aventures amoureuses parce que l’AMOUR doit être le principal sujet du roman. Il faut qu’elles soient écrites en prose(...) ; il faut qu’elles soient écrites AVEC ART et sous de certaines REGLES, autrement ce sera un amas confus sans ordre et sans beauté. La fin principale des romans ou du moins celle qui le doit être et que se doivent proposer ceux qui les composent, est l’instruction des lecteurs à qui il faut toujours faire voir la vertu couronnée et le vice puni. »
---Pivre-Daniel HUET, Traité de l’origine des romans, 1669.


II. La Genèse du Roman antique
Le roman apparaît tout d’un coup vers fin Ie Siècle av. J-C. Le genre reste ambigü, la date d’écriture n’est pas précise. Il a connu son foissonnement vers la fin IIIe Siècle.
Réf : époques grecques : Archaïque (VII-V av JC)- Classique (V-IV av JC : tragédie, Platon-Aristote, orateurs)- Helllénistique (III-II av JC : 146°av JC : Grèce devenue province romaine)- EMPIRE ROMAIN (I av JC, naissance du roman)- III ap. JC : foissonnement du roman antique : Héliodore, Plutarque, Lucien
=) Roman apparaît au moment de la faillite de la culture et du système social. (occuper du temps + instruire), cela renvoie à qqs conditions sociales de sa naissance.


III. Nécessité de la naissance du roman (vue comparative avec qq autres genres litté de l’époque : l’Epopée, la tragédie)
1) l’Epopée d’Homère :
Le genre d’épopée a pour fonction d’unir les peuples de diférentes cités à l’époque grecque. Cela n’a plus guère fonctionner sous le système impérial. Deux échecs exemplaires : une épopée de Ronsard : la Froncrade (XVIe) et une épopée de Voltaire sur la Henriade (XVIIe)

2) Théâtre de la tragédie : (Cf : la démocratie au modèle grec)
La traédie grecque est apparue à l’époque où l’Athène établie une démocratie durable. Elle a pour fonction sociale de permettre au public de s’exprimer de façon portable ??:
--les rôles typiques sont le ROI et le CHOEUR, ie groupe d’individu. Celui-ci incarne souvent un rôle de femme, de vieillard, d’esclave, etc : ce sont ceux qui n’ont pas de parôles dans la société réelle. Ils s’expriment DEVANT le ROI dans le théâtre.
--la scénographie du théâtre grec : entre le SPECTACLE et la SCENE se trouve l’ORCHESTRE (ie : Choeur, individu qui a besoin de parler). Derrière la scène est le vide/la ville (ie sans mur ni rideau) : l'invitation à projeter les grandes questions dans la vie réelle : Le spectateur voit la pièce sur la scène et la ville qui se trouve plus loin comme décor-fond.
CF : théâtre romain (voir les photos de Vérona) construit un MUR à l’arrière qui coupe la vie réele ; ce mur est d’ailleurs muni des niches des statues des Empereurs, ce qui implique une soumission à l’impérialisme.

3) Roman :
Quand les cités sont unies en un seul Empire, tous les bassins méditerranéeens sont colonisés par le roman. Tout homme est dirigé par l’empereur. Les gens n’appartiennent plus aux CITES (ie : individus), mais à l’EMPEREUR (ie : collectif)

=) Nécessité du roman :
--Les gens voyagent bcp dans tout l’empire, et l'occident et l'orient (ie: y compris le territoire de la Byzance d'après le grd Schisme), ils se trouvent tout seul ("et dans le train quand on est tout seul, on lit") : le roman occupe le temps des INDIVIDUS
--Les indivinus de solitude veulent être heureux : le roman dont le thème principal est l’amour
=) C’est dans cette société individualisée, ressemblable à la nôtre, qu’est apparu le roman. Certaines critiques le voit comme un genre bourgeois.


IV. Les périodes du roman
l Le roman Greco-Romain : (Vs Romain latin??)
--PETRONE(mort en 65 ap. JC) : Satiricon. Il a décrit une périodeinterrompue entre Greco et Romain ?? (le festin de Trimalcion)
--APULEE (2 ap. JC) : Les métamorphoses/ l’Ane d’Or (l’allusion philosophique et religieuse)

l Le roman est une notion récente dans l’histoire gecque comme dans l’histoire des gens(5 av. JC). C’est ARISTOTE qui a défini tout genre littéraire(dans Poétique)
C’est une période :
--du brassage des cultures de partout dans l’empire (et l’orient et l’occident)
--où l’histoire du pays grec est terminée (ie : plus d’individu), où les gens se contentaient de lire les oeuvres déjà écrites et que la création littéraire faisait défaut
--de l’apparition de la notion CLASSIQUE vers I av. JC : lecture des oeuvres de la Grèce classique (V-III av. JC, les tragédies, Platon, Aristote, les orateurs...) afin de garder l’esprit de l’individualité. A cette époque, la littérature avait subi d’une isolation, c’étaient les lettrés, nommés pl tard humanistes, qui récupéraient (vers VIII ap JC) les classiques.
=) Le roman sert à sortir la littérature isolée et se rend facile en parlant de l’amour et du sentiment, pour que tout le monde puisse le comprendre.


V. La définition du roman
1) déf. En grec :
--« Mythos » =Récit
--« Syntagma » : syn(avec)- tag(ranger)- ma(nom neutré) =Composition, organisation des épisodes
--« Plasma » : plas-(façonner)= fiction
--« Drama »= action (Cf : philo, religion : sans action)

2) déf. En latin :
--« Argumentum » : récit qui fonctionne sur la VRAI-Semblance (ie : possibilité d’être vrai)
--« Historia » : histoire véritable (ie : ce qui s’est vraiment passé dans la vie réelle)
--« Fabula » : fable
(Réf sur la Vraisemblance : deux genres littéraires concernés : le roman et le théâtre(comédie, comme celle de Molière)


VI. 8 romans antiques jusqu' à nos jours :
1) CHARITON d’Aphrodisias(aujd’hui : Turquie), Chéreas et Callirhoé (I av JC)
2) PETRONE, le Satiricon (I ap JC)
3) XENOPHON d’EPHESE, les Ephésiaques (II ap JC)
4) Achille Tatius (aujd’hui : Alexandie, Egypte), Leucipé et Clitophon (fin II ap. JC)
(Réf : Les noms grecs : comme ceux d’Italie : 1 nom + de ville ; noms romains : prénom+nom de famille. Achille est de règle grec Tatius de règle romain)
5) LONGUS, Daphnis et Chloé (fin II ap. JC)
6) LUCIEN de Samosate, Histoire véritable
(Réf : Le seul roman parmi les 8 qui n’a rien à voir avec l’amour)
7) Apulée (nord afrique)
8) Héliodore d’Emèse : les Ethiopiques (ie : le don du soleil) ( !!)


VII. Les codes spéciaux/ caractères des romans antiques
--Sauf Lucien, tout raconte une histoire d’amour réciproque contrariée (Cf : La princesse de Clève, Mme Lafayette)
--l’histoire se base sur un COUP DE FOUDRE entre 1 garçon et 1 fille de BONNE FAMILLE(ln: statut social)
--la succession de péripéties et le retrouvaille final, après les voyages, séparations, fauts morts, disparitions, etc
--construction linéaire : utilisation du va-et-vient du TEMPS (réf : Jacques le fataliste, D. Diderot)
--jeu de la position du Narrateur (rôle principal/secondaire, observateur, narrateur simple, etc)
--Procédé du thème (ie : manière de raconter)


VIII. Influence : passage d’un filtre étroit dans le cadre de l’Europe occidentale
(réf : le nom de la rose, U. ECO)
l Le roman a été bcp lu par les gens de l’église :D...
Ex : --Jacques AMYOT : l’éveque d’Auxerre, traducteur de Daphnis et Chloé, les Théopiques, humaniste qui transmet les oeuvres classiques
--Arvanches : XVIe, Eveque
--Fénelon de Cambrai : nourri de la littérature antique, notamment le roman
--Achille Tatius
l Ecrivains modernes influencés par le roman antique :
--Rabelais dans Pantagruel (4 livre, Chap.32)
--Madelaine de Scudéry dans Grand Cyrus (citation de Lucien)
--Honoré d’URFE dans l’Astrée (réf : film récent d’Eric Rohmer)
--Selvantès dans Don Quichot
--Racine : histoire d’amour de ses tragédies influencée par les Ethiopriques
--Voltaire : ses écrits sur le changement de la planète, etc
--Cyrano de Bergerac, Les Etats et Empire du Soleil

24/09/2007

A l’indienne

La plupart des MUNDUS de cette année sont arrivés. Ô là là...Cette fois il n’y a aucun étudiant chinois, mais quatre Indiens parmi les huit nouveaux arrivés!

(i)
En Chine, j’avais l’impression que ce pays était plus ou moins ignoré, d’abord parce que les Chinois s’intéressaient plutôt aux cultures, business et politiques des pays développés, pays d’anciennes concessions ; ensuite parce que l’Inde était presque dans la même situation que la Chine (sauf qu’il a l’élection démocratique ! ). C’était pour moi un pays bien proche mais d’une image vague. Quelques intellectuels évoquaient l’Inde en parlant du bouddhisme, François le programmateur m’avait montré les photos des communautés indiennes à Paris, en disant de ce un pays une puissance importante en informatique. Quoi d’autre ? J’avais admiré et j’admire toujours les beaux tissus dans quelques boutiques-chic des voyageurs aux quelques coins à Shanghai, et les Indiennes portant leur sargasse dansant dans les films : elles peuvent être très rondes, mais en même temps très belles, le regard limpide et séduisant. Et les bouffes indiennes recommandées dans les guides de taste of life.

L’Inde est de plus en plus présente à ma vision avec le déroulement des études de Mundus. Ma première impression sur ce pays était la soupe de lentilles au persil que j’avais goûtée lors de la première soirée à l’arrivée de nous sept nouveaux Mundus, préparée par une fille américaine d’origine mixte espagnole qui avait passé un an en Allemagne et qui faisait des théâtres bizarres. « Ah, mais c’est indien ! » disait un garçon indien. Je me rappelle plus de son nom. Dans mon souvenir, il était tout le temps mou et déclinait toutes nouvelles choses.

Il était rentré dans son pays au bout de deux semaines de son arrivée, sans jamais repartir. Il disait en partant que sa famille et sa fiancée lui manquaient.La rumeur circulait plus tard, disant qu’au début c’était sa fiancée, camarade de la même classe, qui fut retenue, mais qu’elle lui avait cédé la place car il était garçon et qu’il était son futur mari. Cela aurait bien compliqué l’administration. Mais j’avais cru plutôt qu’il ne voulait pas repartir puisqu’il ne pouvait pas travailler loin d’elle, vivre sans elle.


(ii)

L’année dernière, il y avait Digvijay (la langue danse quand ça se prononce) en M2 qui passe son 3e semestre à Perpignan et son 4e semestre à Bergamo. « Digvijay, il est terrible. », me présentait M. Girard quand on se croisait pour la première fois.

Ce bon jeune Indien audacieux et drôle qui se croit charmant et qui a effectivement de la charme. Il prend une fille dans ses bras à la première rencontre, il a RDV avec ses copines partout où il arrive, à Perpi, à Barcelone, à Londre, à Bergamo, à Milano...(« Quoi, il a déjà une copine à Milan ?» «Et bien... il a dit que c’est une fille espagnole qu’il a connue quelquepart et qui arrive pour le rejoindre. »). Il fronce les sourcils de temps en temps, il dit « Non...non non. Tu as tort. », ou bien « Ecoute-moi, tu dois faire ceci, tu dois faire cela. Comme ça tu pourras... ». Je me rends aussi inquiète que lui, en lui faisant des clins d’oeil de complicité. J’éclate de rire à l’intérieur.

Vers la fin du semestre, je lui demandai où en était son mémoire de 90 pages. « Umm...il me reste un tier. » « Quoi ?! Tu veux pas ton diplôme ? » « J’ai demandé à prolonger mon travail, mon directeur est d’accord. Comme ça je peux avoir le temps pour voyager. » Il est en effet un grand voyageur.

Lors de la soirée de farewell, il avait parlé long avec un chef quelconque de l’université. Plus tard il rejoignit notre bande-de-quatre du trajet perpi-bergamo. il nous dit qu’ils parlaient de la commerce internationale, de ses études à continuer dans une école commerciale à Grenoble. « Maintenant je vais faire du business.Hi hi... » Il me tire la langue. « Delphine n’aime pas le business, hein, Delphine ? » « Calomnie! Vous nuisez à ma réputation, monsieur !! »

Cette soirée-là je n’arrêtai pas de lui parler avec un ton fort ironique. Nous tremblâmes de rire d’un moment à l’autre. Digvijay finit par me regarder avec un air confus, cette fois il était sérieux: « Mais pourquoi tu te moques de moi comme ça ce soir??» Bonne question ! Digvijay ne savait pas que si j’appréciais un homme, soit on deviendrait très proche et parlerait de bcp de choses intéressantes ou sérieuses, soit je resterais tranquille et peut-être un peu nerveuse avec lui, soit je me moquerais de lui, ou l’on se moquerait, aussi fortement que possible.


(iii)

L’un des côtés exceptionnels de ce programme, surtout au 2e ou 4e semestre, c’est que l’on peut devenir camarade pendant un semestre sans prendre forcément les mêmes cours et qu’après on se verra peut-être plus.
C’était à Bergamo que j’avais connu Mala, Mala l’Indienne avec les grands yeux limpides. Mala qui avait fait son premier semestre à Lisbonne et qui parle un anglais extrèmement vite avec une intonation cantabile.
Je ne connaissais pas très bien Mala avant que nous pourrions aller à l’appéritivo ensemble vers la fin du semestre. Je savais seulement qu’elle comparait la littérature française de la Renaissance avec celle de l’Inde de la même époque, qu’elle était bonne cusinière qui faisait plaisir de temps à autre aux deux princes indiens avec qui elle cohabitait. Le weekend où elle était restée avec Doruntina et moi, le parfum de curry se répandit à tous les coins dans notre appartement ; grâce à sa recette secrète, Dori avait vidé mon bouteille de curry dans la semaine qui suivit, avant de ramener deux boîtes de curry fort d’origine indienne de différents goûts afin de continuer son expérimentation du plat magique.
Pour le reste, je n’oublierais pas notre conversation, ni son sourire—sereine, nostalgique, avec un bout d’espoir, lors de notre dernier appéro avant son départ :
--Where are you going then, after this program?
--I don’t know… Well you see, I can live anywhere over the world. I just need a job, and a man to love.
--Really?! Oh yeah... me too!
--So…maybe see you later in Lisbon, or in India, or anywhere I arrive.
--Sure. The world’s not so big than we thought, as we all know…


(iv)

Quatre Mundus indiens. Quatre, cette fois.

Poonam, ancienne prof de l’Alliance Française. Soma, très indienne à mes yeux, portant une robe de couleur abricot à l’indienne, qui m’a enchantée d’exotisme. Ambika, je ne connais rien d’elle que ses yeux envoûtants. Et Sharad, dont le nom me paraît curieusement arabe...

Sacré Sharad. Très engagé. Ancien secrétaire du service éducatif de l’Ambassade de France en Inde, il fait la collection des diplômes de master : d’abord en philo de Derrida, ensuite en litté de Kundera, avant de faire ce qu’on appelle l’humanité, avant encore de faire les relations internationales. Il a refusé un doctorat en Inde et a suspendu un master à la Sorbonne pour venir expérimenter le Mundus en Crossways européens. Il aime la France et il critique beaucoup la France. Et il a une copine française !

Ces coeurs bienveillants ont pris pas mal de peine pour me faire comprendre qu’ils sont de telles ou telles régions du sud ou du nord de l’Inde, que ces régions sont vraiment différentes l’une de l’autre quant à la situation sociale, la religion, la culture, la mentalité ou la nourriture; qu’ils parlent ainsi de différentes langues indiennes(hindu, ???, ???, etc), pourtant non officielles, et c’est bizarrement l’anglais qui unit tout l’Inde.

Il y avait un moment où deux d’entre eux me parlaient en français et deux autres parlaient entre eux en anglais, sans compter les échanges de communication entre les quatre. Alors ça s’aggravit, vue que j’avais pas encore guéri de mon bégaiement français-anglais, comme celui de français-shanghaien. Je crus halluciner.