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25/04/2009

Le bruissement et la lumière

Il fait un vent fort ces jours à Pékin, et parallèlement, un grand soleil de lumière transparente. En arrivant à Pékin lors d'une discussion avec un Français, il m'a dit que l'une des raisons pour lesquelles qu'il a préféré Pékin, c'est que le temps à pékin ressemble à celui en France, que pour les artistes, par exemple, c'est plus agréable de vivre ici car la lumière y est particulière.

Je m'en doutais, j'y crois maintenant.

Le seul fait de se promener n'importe où dans la foule sous cette lumière amène un bonheur assez plein. La lumière éclaire le coeur, m'évoque le souvenir du soleil italien.

Et le bruissement du feuillage sous ce vent fort, curieusement, semble être exactement ce que j'ai entendu au bord de la mer à St Andrews, sous un temps couvert.

18/04/2009

L'insensée de Shanghai

cherche son chat



C'était en pleine minuit. On est arrivé à Pékin en pleine minuit. Le trajet a été long, même si le vol Shanghai-Pékin semble être achevé en un clin d'oeil. J'ai eu du mal.

Le lendemain matin lorsque j'ai ouvert les yeux, j'ai eu le sentiment d'avoir réveillé d'un rêve. Un rêve étrange, qui m'accrochait et que je ne voulais quitter.

Je ne trouve guère de mots pour décrire ce voyage à Shanghai. Le voyage, non pas le retour. N'y retourne pas. Je l'ai su lorsque je sortai de l'aéroport et que l'humidité de Shanghai m'embrassait: c'est la première fois que je l'ai sentie aussi fort, mélangée de fraîcheur.

Un voyage de coeur, comme si tout se passait dans un ustensile transparent où je ne me trouvais nulle part, ni dans ma ville, ni dans la ville d'où vient la délégation.

***

Ca a été une semaine remplie de discours. Discours médiatiques, souvent efficace et répétitif mais certains en sont enrichissants, font réfléchir, permettent aux artistes d'exprimer ce qu'ils voulaient sortir.

Plus agréables sont les conversations avec les artistes, dans une voiture qui roule ou dans un balade en plein centre. On parlait de tout, on parlait des parcours, des anecdotes, des architectures, du psycho, du délire imaginaire, des langues, des crimes, des taboux de la société, du justice, de la lueur dans les ténèbres, celle qu'on peut appeler l'espoir, de la tolérance. De leur vision du monde.

***

L'hôtel, espace de déplacement et de tourisme. J'ai été obligée d'écouter les petits secrets des agents : une fois qu'ils parlent entre eux, ils utilisent automatiquement la langue locale. Les interprètes qui travaillent pour les rencontres du public au cinéma me parlent en shanghaien sans hésitation lorsqu'ils m'appellent sans qu'ils ne me connaissent, tandis que je fais partie de l'équipe de Pékin. Je cherchais en vain de me débarrasser de cette familiarité, cette prétention de l'avantage linguistique. Je ne trouve pas de moyens pour contourner ce dialect.

Au bar du 30e étage, le panorama du centre de cette ville s'étend sous les yeux. Au milieu, la fameuse rue piétonne, que je connaissais par coeur, s'est montrée comme un endroit qui m'est complètement inconnu. La partie haute du bâtiment de l'hôtel est construite sous forme de prisme: l'idée me semble être bien judicieuse.


rue piétonne, vue du vitre


L'ambiguité circule dans le couloir en traversant lequel on accède à la chambre sans faire du bruit, grâce à l'épaisseur du tapis. Un point vert clignote lorsqu'on insère la carte, s'ouvre alors une pièce de confort et d'intimité temporaires, et temporelles, que traversent des historiettes insignifiantes qui surprennent comme les étoiles filantes. La nécessité est de faire un peu d'efforts pour s'y accommoder, de se dire qu'après tout, c'est différent qu'une auberge de jeunesse.

***

Dans le minibus je regardais les bâtiments courir vers l'arrière et pour une fois je recommence à m'interroger où me rendre. Ne sais dire où aller. Durant trois jours j'ai vécu pleinement dans un état idéal, ai revisité la ville qui a été la mienne. Après, où va, quelles villes dans ce monde, pourquoi repartir, déjà? N'ai pas de goût prononcé pour partir, tant s'en faut (ô, tu parles, Delphine.). Sorte d'âpreté qui bourre un peu la ventricule du coeur.

Nejma m'a envoyé un texto me demandant "pourquoi, cette monosité?" Si je savais pourquoi, Nejma.


vol Pékin-Shanghai


30/03/2009

Pieds


A cette force de résister à la fureur et de la fondre.
Qu'elle ne touche pas la douceur fragile
de son intérieur.


(Pékin, post-Mundus 09, Chine)




Allure

(Lago di Garda, Mundus 07, Italie)



Pied

(Collioure, Mundus 08, France)




Plongée

(Lago di Garda, Mundus 07, Italie)



09/03/2009

Poster



F1: voila la derniere version du poster...tu trouves bon cette fois?
Patronne: Euh... je vais voir...il en manque encore quelquechoses...Mais oui! nous allons insérer nos photos parmi les gens là, devant, sur les pelouses...puis au loin, là, une tête devant la fenêtre: "Coucou--" ...
Vous trvouez ça comment?"



Trouver...Je sens que je ne me trouve pas justement depuis ce week-end.
Je me trouve trop remplie et évacuée en même temps.
Les films à voir, la traduction de livre impossible de finir à temps, la relecture, le ménage, les rdvs, et puis la natation.
Oui, j'ai recommencé la natation.
Dans chaque ville que je suis, j'ai besoin de trouver les endroits pour me baigner.
Et les choses à écrire, qui surgissent et ne me quittent pas jusqu'à ce que je les littéralisent.
Avec mon emploi du temps actuel, la roue de la vie roule tout droit et, malgré mon intérieur plutôt still, roule au rythme accéléré, et qui surprend, sans trop laisser y réfléchir.


07/03/2009

Combien de temps encore??

Ca va pas.

Ca va pas très bien parce que j'ai finalement vu Deux jours à tuer de Jean Becker. Avant de voir ce film, j'ai fait parler de ce film à plusieurs reprises, mon collègue chinois refuse à chaque fois de rentrer dans les détails, disant qu'il me faut voir en personne pour juger. Une autre collègue dit que c'est un film parmi d'autres. Un film, quoi.

Je rejoins mon collègue.

Par respect des lecteurs qui n'ont pas vu ce film, je ne parle pas non plus de l'histoire. Parlons d'autres choses que de l'histoire même. J'ai d'abord été saisie par le regard d'Antoine joué par Albert Dupontel, un regard semblable à celui du poissonnier, joué par le même acteur, dans le film Paris. Cet acteur réussit durant tout le film à exprimer l'indicible: un coup de destin énigmatique et toutes choses ont désormais changé dans sa vie. Sa malveillance, son envie de sabotage sur toutes les relations ne se font pas comprendre par son entourage. Et lui se laisse jeter les mots, commettre l'irrémédiable-- pas tant que ça, quand même. Il a juste dit les sombres côtés sur les vérités de la société qu'il perçoit, les vérités qu'on n'en dit jamais, ou très peu: sur la fausseté des textes publicitaires, l'égoisme et l'arrogance, la manque de confiance trop facile, la charité qui ne fait pas plus de bien à l'autrui qu'à la personne même, les "connaissances" plutôt que "les amitiés". Ce sont soit ces mots qui percent, les idées presque taboues que l'on cache souvent pour maintenir l'harmonie de la société et des relationnels, soit les propos délibérément irritants pour irriter ses bien-aimés.

A la soirée de son anniversaire, son visage tendu est comme un masque modelé, celui dans une tragédie ancienne, ses yeux brillant de folie: on dirait un être occupé par le diable.

J'admire les jeux de l'acteur. J'admire en général ceux qui parviennent à communiquer leur état d'âme simplement avec leur air et regard, sans mots dire, et qui fait pour autant frissonner d'angoisse anonyme.

Au niveau du scénario, j'ai trouvé le déroulement d'histoire particulièrement naturel. Sur ce point, je pense à deux autres films: Paris, qui n'a pas d'histoires linéaires mais entrecroisées, et Le Silence de Lorna, meilleur scénario du Festival de Canne 2008. Ce meilleur scénario m'a déçu lorsque je l'ai vu l'été dernier, il a un sujet sensible certes, qui parle des affaires de mariage international payé pour obtenir la nationalité française. Toutefois, les petits tracas ne stimulent pas plus le spectateur, sans doute parce qu'ils manquent de force sentimentale, mais aussi parce que la fin du film m'a semblée assez banale: suspence de l'histoire. C'est trop facile de laisser l'héroine dans une situation de n'importe quoi et puis point barre.

Il faut dire que la fin de Deux Jours à tuer n'est pas extraordinaire non plus, et ce genre de sujet a déjà été traité en plusieurs reprises. Mais en même temps, l'important pour un tournage à nos jours, tout comme pour l'écriture, ne serait pas "qu'est-ce qu'on tourne" mais "comment", question de construction et de composition des histoires, des conditions et des idées.

Si j'insiste sur le mot naturel, c'est dire que la connection des faits est très fluide. Les malentendus et le sort maudit continuent à se succéder parfaitement, comme le destin l'a présagé, et ce qui permet d'imprégner les spectateurs dans les sentiments des personnages. Becker a surtout su utiliser la caméra pour rendre pleine une impression, protéger la vérité pour qu'elle reste dans le hors-champ et que les spectateurs aient un espace d'imaginaire et un moment de reconstruction des plusieurs parties de l'histoire: une approche bien traditionnelle, très littéraire d'ailleurs, au sens sémiotique.

On trouve déjà tant de signes dans les mots, dans la prononciation des mots et les sentiments qui s'y incarnent, dans les gestes. Dans l'accent aussi: un trucage identitaire facile à reconnaître. "Je me tire", crie l'homme déprimé, et part en bateau vers l'autre continent où l'on parle l'anglais. Ainsi, tout le plan où Antoine parle avec un homme devant un bistrot semble juste pour informer le lieu où se trouve le héros: on entend un fort accent ecossais, ce qui me surprend pendant 3 secondes, je l'avoue, car j'avais pris l'habitude d'écouter cet accent qui a marqué mon séjour à St Andrews et que je n'aime tjrs pas trop parce je l'ai trouvé bien théâtral et curieusement néfaste. "Irlande", est évoqué plutôt ce territoire-là dans les conversations d'Antoine avec le vieil homme qu'il rend visite. Ah bon. Je ne suis pas resté suffisament longtemps en Irlande pour savoir que les gens y ont le même accent que les Ecossais. Mais passons.

Le titre en est un autre point où s'aperçoit le charme ou la force des lettres. En français, Deux jours à tuer, en anglais, Love me no more. Une certaine contradiction se trouve entre les deux versions, et c'est exactement le même cas pour un autre film réalisé par François Ozone: Le Temps qui reste en français, Time to leave en anglais. J'ai connu ce film grâce au "Movie Night" organisé dans ma résidance de St Andrews, la différence des titres aurait provoqué un petit malentendu entre quelques amis anglophones et moi, avant que ça ne devienne une blague à en rire.

Toute explication est inutile dans le film, voire interdite par Antoine lui-même. Les choses se révèlent au fur et à mesure et semblent le faire automatiquement. On a compris seulement à la fin du film qu'Antoine aurait osé communiquer à sa femme son petit secret, son germe de folie son mal, dans le jeu d'enfant, dans un échange de clin d'oeil simplement...Et je regarde le visage de cette femme derrière le vitre, je me dis qu'à sa place, je mourrirais de mal au coeur, un mal que je crois avoir bien connu et que bien des femmes auraient connu.

Plongée dans l'idée même, j'ai entendu surgir une voix rouillée qui résonne en monologue. J'ignore de qui est cette voix. Je me dis que ce devrait être la voix de Becker, vieilli, qui a vécu toute une vie de cinéma et à qui l'on devrait rendre le respect. Si c'était moi qui tournais, je réserverais sans aucune doute ce moment précieux de noir pour moi-même, pour crier et interroger moi-même: comme intitulé.

(l'article commencé le 05/03/09)


13/02/2009

L'usage du feu

Dans l'appartement que j'habite, j'y trouve un temps de vie qui recule au moins 12 ans, et l'aspect rudimentaire me plaît bien. L'espace de vie des pékinois ordinaires ressemble beaucoup à celui de mon enfance: cuisine serrée, toilettes simpliste qui mesure l'espace des toilettes des apparts parisiens mais qui, équipée d'une pomme d'arrosage fixée au mur, sert en même temps de salle de bain, avec ou sans lavabo. L'évidence en est qu'il ne faut pas trop prendre la douche, non seulement parce que c'est pas très pratique mais surtout qu' il fait hyper sec de temps en temps, et la douche peut rendre très sèche la peau et seule la crème sauve.

L'avantage de vivre au Nord est ce qu'on ne meurt pas de froid humide mais bénéficie du chauffage partout à l'espace intérieur. On a la chaudière publique pour la plupart des cas, et dans mon appart construit je crois entre 1985 et 1995, c'est un peu particulier: on utilise du charbon au balcon pour chauffer!



-Ah! C'est joli le feu... Attends! Je fais des photos!!

-Ah? Qu'est-ce qu'il y a de bon à photographier là?



Lorsque le collocataire Chen alla au balcon pour ajouter du charbon le soir, j'ai vu par hasard cette lueur qui me saisit et qui me fit sortir tout de suite l'appareil. Le résultat a (encore) été inattendu. On dirait une photo râtée... (Mais je veux quelle sorte d'image, au final?) Alors j'ai utilisé le flash mais l'aspect réaliste agrandi de l'effet flash ne me plaît pas, quoique, il est vrai, la flash permet de découvrir la structure de la petite cheminée (si ça s'appelle cheminée).



La première fois de ma visite de l'appart, les charbons étaient étalés partout sur le balcon. Le gentil Chen m'a promis d'en faire le ménage et ces petits noirs troués sont maintenant bien empilés dans le coin. Comme je suis exigente...

Comme je suis exigente, j'ai demandé à Chen de me laisser refaire une photo sans flash en plein cours de son changement de boulets. Et voilà celle qui me ... hélas sans mots dire. Ne me demandez surtout pas pourquoi le rond lumineux est posé par terre. Je ne m'en souviens plus.


-T'y arrives (à le photographier)?
- A peine...
- Tu sais quoi, photographier ce boulet de charbon allumé, c'est comme photographier le Soleil.



"Chez Duras, c'est le jeu d'entrevoir... le pan. Ne jamais voir direct. Pensez que le regard direct au Soleil brûle l'oeil et rend aveugle. Faudrait donc regarder le grand Astre à travers les fentes. ": propos de M. Ryknaire dans sa conférence durassienne qu'il a donné l'année dernière lors de sa visite à St Andrews.

Voilà une vérité divulguée.

27/01/2009

Méduse


Source,
qui éincelle au claire
des feux d'artifice.

Ceci n'est pas la mer;
fulgure en vert,
l'éphémère.

Ou, pétrifié,
l'éternel.



(Photo prise devant la fenêtre, à 00:05 du jour de l'an chinois 2009)


Ah, l'appareil-photo, c'est bien lui le regard de Méduse. De saisir.
L'idée est venue comme ça. Je découvre, parallèlement que les feux d'artifice qui se figurent tels quels, Méduse, la seule mortelle des trois Gorgones, puis l'un de ses fils jumeaux, Pégase, né "du sang coulant de la tête tranchée de Méduse", "incarnant la vie jaillissant de la mort".


Pour en savoir plus, consultez:

- la page sur Méduse (cliquez ICI)
- la page sur Pégase (cliquez ICI)

26/01/2009

La fibre

La fibre dorée, celle d'inspiration,
c'est du dehors;
...
Le dehors,
c'est Nankin.


--photographiée dans le train, le 25 janv 2009


"A Nankin!! Réveillez, réveillez!!" un agent de train hurle à l'autre bout de la voiture.
La voix a été brutale. Je me précipite pour me lever, regarder vainement le noir en dehors, tandis que la fenêtre reflète moi-même.

J'ai donc passé le pont du Fleuve bleu dans le sommeil. J'ai donc regagné Nankin que je n'ai encore pas pu visiter, à 5H57 le bon matin, au bout de 2 ans et demi du départ de cette ville même.

M'ont atteinte les coups au coeur, ces derniers étant d'autant plus forts qu'ils m'ont été complètement inattendus, et inconnus; moi qui me crois pouvoir désormais résister tant bien que mal au spleen et à la nostalgie.

Sans doute que ce qu'une ville nous donne et nous marque dans la vie compte beaucoup plus que ce que l'on puisse imaginer.


(la vaine marque-ville)

01/12/2008

Sais pas

Sais pas que le métro de Shanghai a quatorze lignes.

Sais pas que le métro de Shanghai termine à 22H45.

Sais pas où me diriger devant les travaux collectifs à Pudong.

Sais pas respirer dans les poussières.


Sais pas refaire la chambre à moi

Sais pas ranger ma bibliothèque en tas

Sais pas sceller les journaux intimes

Sais pas dérouler le certificat.


Sais essuyer les poussières.

Sais contempler la vieillesse et le délire.

Sais me demander, que faire à l’a-venir ?

Jamais trop tard.

17/11/2008

Faut-il avoir peur du futur?

Tel est écrit sur le marque-page/flyer de l’exposition du futurisme du Centre Pompidou.

Telle une bonne question.

Moi, je repars demain pour la Chine. Un choix plutôt judicieux, vu mon statut délicat. Arrivant de l’Ecosse et sans titre de séjour, l’étudiante-chercheuse Mundus est devenue, sous l’effet magique d’un certificat des diplômes aussi joli qu’une feuille d’oracle à l’âge classique, la demandeuse d’emploi garantie d’un Visa qui s’expire le 20 nov 2008.

Je ne me déplore pas, ce dernier séjour en France n’a pas du tout été prévu depuis mon départ pour UK, et c’est grâce à la gentillesse de la dame de l’Ambassade de France en Ecosse que j’ai pu rester aussi longtemps. Pour autant, cette durée ne me suffit pas pour trouver un travail que je veux, il faudrait un temps plus long pour se préparer et pour trouver un boulot intéressant.

Quand il s’agit de l’amitié et des rencontres, en revanche, le temps ne s’impose pas nécessairement. On peut se faire des amis avec les coups de foudre, les événements et les topic intéressants, les quelques espoirs pour la Chine, pour les sociétés, pour les lettres et les arts, pour les échanges culturels.

Paris m’a aimé, voire m’a gâté. Les expositions superbes que j’aimerais vous en parler, les projections, les dialogues avec les gens de la politique, de la société, du cinéma et de l’éducation, les activités associatives auxquelles j’ai pu contribuer : les Français qui donnent des aides sociales aux femmes dans les régions défavorisées de la Chine, les jeunes chinois qui s’engagent en faveur des échanges et des compréhensions internationaux. Que de bons coeurs. Tout cela me donne des idées sur les activités du domaine, sur ce que je pourrais faire, comme métier ou non. Une sorte de conception.

J’ai aimé Paris aussi. Je l’ai aimée non pas comme ville touristique, mais comme un lieu où se croisent les gens et les voix, les idées. Son charme.

Je repars en emmenant de petits boulots, des projets à venir, des amitiés à distance, des promesses : dites ou non-dites, aux autres comme à moi-même. Continue, l’écriture.

On dit : ne choque pas trop tes compatriotes. Je dis hélas...au pire, on se choque.

On dit : triste de partir ? Je dis je suis prête.

03/03/2008

Déliquescence


Perdus, des mots
Viens écouter
Ce tumulte des flots :

Résonances continuelles
Des rondes pointées
A l’abrupt de la falaise.

Et,
Ramasser ce bonheur fulgurant
Des autres.





10/02/2008

Feuille de Route- byebye la France

-Vous avez dit le concert de jazz ?
- Viens, maintenant ou jamais! C’est génial !

J’allai donc rejoindre Cécile et ses deux collègues, Blandine et Christèle, dans un bar du quartier où les amis se rencontraient sans se prévenir, venant tous ce soir-là écouter ce concert de jazz d’un groupe à quatre.

Le concert avait commencé il y a bien un moment. Ce furent les quatres jeunes, dont l’amie d’enfance de Blandine qui elle-même chantait le classique. Ces chanteurs apprenaient à chanter dans une même institution et décidaient de faire un groupe, nommé ommm. Pendant leur concert, ils firent écouter une riche harmonie du jazz sans instrument, ils pratiquèrent la résonance du corps humain, composant de petits miracles à chaque moment : la première voix donna le ton, la deuxième alla la rejoindre, puis la troisième, la quatrième en basse mesurée, puis les quatre voix allèrent chacun dans leur sens, s’évoluant en faisant merveilleusement accord.

Je les regardais à deux pas près, j’admirais cette ambiance où l’on se trouvait à l’aise, où ces amateurs de la musique s’éprouvaient et se valorisaient. Ils m’ont évoqué la période d’une moi qui chantais : au collège avec une amie de la chorale, on s’amusait à chanter le ton élevé de the Heroes de Whitney Houston dans l’ascenseur pour trouver le meilleur effet sonore ; aux premiers jours du lycée, le chantonnement à voix nue durant les promenades silencieuses, avec sans doute la meilleure amie de ma vie, qui me disait qu’elle aimerait qu’un jour un chanteur vagabond l’emmènerait : plus tard, il y avait vraiment un gars qui chantait pour elle et deviendrait son premier amour.

Dans ces douces consonances, se réveilla alors un vieux rêve que j’avais fait il y a longtemps, au moment où je découvris qq bars avec leur groupe de chanteurs superbes, dans Mao Min Nan Lu rasé à Shanghai, au 4ième du Sheraton à Nankin. Un vieux rêve d’être serveuse, pour regarder et écouter les gens dans un bar où un groupe chante, ou, mieux, de chanter, non pas pr les concours mais pr le plaisir de soi et des autres.

Les derniers gestes des jeunes chanteurs m’ont affirmé que bien des choses sont abordables dans tout cela, et la mise-en-réalité d’un rêve ne paraît pas aussi dur que d’y croire : ils présentaient leur album dernièrement sorti, leur site, leurs amis qui les ont aidés, leur parcours. De l’argent pr le studio d’enregistrement, des mains-d’oeuvre pr le design, les photos, la gravure des discs, les promotions, la création d’un site internet...sera née ainsi leur oeuvre. Le rêve, l’éveil, le réveil, la mise-en-réalité. Une vie, c’est ça. Chacun son choix.

Puis tout le monde allai se causer à l’extérieur, fumait. Les amis se faisaient la connaissance ou se reconnaissaient, grâce au concert, se faisaient des bises, se rigolaient. Ici on se plaignait de qq « elles » qui draguaient audacieusement leur copain durant la soirée, mimant leurs gestes, là on draguait ou se laissait draguer. Tout le monde s’arrosait. Une gorgée pr toi? Oui, pouquoi pas, j’ai froid. On se refaisait des bises et on se dit byebye.

Voilà pour moi un très bon souvenir de la dernière soirée en France.
A bientôt la France.

30/12/2007

Fait beau

Le flux de silence dans la résidence.
La foule des fêtes, baignée dans l’ambiance.
Va traîner dans le monde,
Regarder.
Entendue le murmure.

La tramontane chante.
Le soleil rampe dans le corridor, sud-est.
Va allumer la danse des ailes migratrices,
Lire.
Devenue muette.

Je fais rien.
Je vais nulle part.

22/12/2007

En proie à India Song (i)- les Dépossédés

« La littérature fait du mal. Elle ne fait pas de mal aux autres,ni à la personne qui écrit, mais à celle qui aurait dû être.» (Marguerite Duras)


Il me possède, ce film. Chaque fois que le je revois, je me trouve désemparée à l’intérieur.

Oui, vous le comprenez sans doute. Bercé dans la mélodie d’India Song, on entend le cri du Vice Consul. Sublime, ce cri, qui transperce le pénombre humide du Calcutta désert, enveloppe le corps d’Anna-Maria Guardi, entraine le spectateur vers le désespoir. En vain de s’y échapper.

Cri d’Anne-Marie Stretter dans le silence. Un cri étouffé et étouffant, clos dans son corps qui tombe sur le piano, au moment du délire de Vice Consul. Inutile, la main de Michaël Richardson sur son épaule.

Oui, ce sont les dépossédés. Un lieu de la passion, de la douleur, du désir. Ce sont les déterritorialisants et les déterritorialisés. La désidentité.


J’ai trouvé par hasard la chanson d'India Song: ECOUTER . Sa parole se trouve ICI Pour ceux qui s’intéressent au film, je vous propose de lire CECI. Et ce DOSSIER regroupe bien des propos de Duras sur le film, la partie sur A-M Stretter me paraît assez pertinente.

* * *

Description du mémoire- Master Mundus Crossways

(Titre) India Song, Poétique d’un Cinéma Polymorphe

Le film d’India Song est tourné par M. Duras à partir de plusieurs de ses oeuvres littéraires. L’ambiguïté du genre et notamment la singularité de son tournage ont donné au film un statut hétérogène dans le monde du cinéma, qui méconnaît parfois la création cinématographique de Duras. Notre recherche envisage donc une étude sur la constitution du film : nous examinerons ses aspects esthétiques, établissant un univers poétique à la fois envoutant et lancinant, et nous analyserons ensuite les thèmes profonds qui se dégagent de cet univers. Nous essaierons enfin d’évaluer cette création durassienne comme processus d’une double « déterritorisation »: celle des moyens de tournage, qui quittent le milieu du cinéma de la représentation pour établir un espace « polymorphe » inédit ; et celle des figures principales, qui vont par-delà leurs circonstances réelles et se trouvent dans un lieu de la désidentité. Nous empruntons principalement des méthodes esthétiques et philosophiques pour nos analyses.

20/11/2007

A la niche

Tu m’envoies une annonce, tu seras mon mari.
Rentre, ne t’en fuis.
Je reste assise.
J’ai dit oui.

Mais prépare-moi un foulard en soi
Couleur bleu turquoise
Et baisse ta voix
Pour que j’entende ma muse

Tu me pénétras
Je ne crierai pas.
Je te regarde.
Voilà.

19/10/2007

Ulysse continu

Ulysse, ou les topos du roman grec : l’amour, le voyage, la métamorphose, la reconnaissance ; les péripéties, le retrouvaille... Ulysse, ou Odysseus, c’est Homère. Homère, c’est tout. Tout est là, pour les auteurs comme pour les lecteurs grecs. Longus considère Odyssée comme le premier roman d’amour, et « chaque fois une question se pose dans le roman grec, dit la prof, les gens font recours dans les textes précédents, les épopées, c’est-à-dire chez Homère. »

Ulysse : (...)Voilà notre secret !...la preuve te suffit ? Je voudrais donc savoir, femme, si notre lit est tjrs en sa place ou si, pour le tirer ailleurs, on a coupé le tronc de l’olivier.
La plus sage des femmes, Pénélope, sentait se dérober ses genoux et son coeur ; elle avait reconnu les signes évidents que lui donnait Ulysse ; pleurant et s’élançant vers lui et lui jetant les bras autour du cou et le baisant au front, son Ulysse, elle dit : Ulysse, excuse-moi !...tjrs je t’ai connu le plus sage des hommes ! Nous comblant de chargrin, les dieux n’ont pas voulu nous laisser l’un à l’autre à jouir du bel âge et parvenir ensemble au seuil de la vieillesse !...Mais aujourd’hui, pardonne et sois sans amertume si, du premier abord, je ne t’ai pas fêté !(...)


(Homère, Odyssée, trad. de V. Bérard. Edi. Folio classique, 2007. P.412)

* * *

Je veux dire que, souvent, je me sens presque amoureuse avec lui. Presque, car j’ignore ce que c’est, ce sentiment, si loin si proche ; car je me sens tantôt Pénélope, tantôt Calypso, tantôt Ulysse lui-même, ou bien, peut-être, l’Aktoris, seule chambrière qui gardait l’entrée de leur chambre aux épaisses murailles. J’ignore s’il existe un dieu des voyageurs, mais ce devrait être lui.

Pour moi, c’est lui le dieu des voyageurs.

Mais pourquoi donc, le combat ? Vous alliez dire que c’est déjà écrit là-haut?

...Sans doute.

« Vous avez le choix : Ulysse ou le Cyclope. Vous choisissez Ulysse. Au péril de votre vie, après dix années de combats, vous avez pris la ville de Troie. C’est votre surnom : « preneur de Troie ». Sur le chemin du retour, vous avez perdu nombre de vos compagnons. Les uns, le Cyclope les a engloutis. Les autres se sont noyés. Ils ont mangé les Vaches du Soleil, en dépit de vos recommandations. Ils ont goûté à des fruits étranges qui procurent l’oubli. Ils ont fait l’expérience de vivre en cochons. Mais vous, Ulysse, vous avez dû lutter. »

(Ph. Brunet, Quatrième de couverture d’Odyssée, Edi. Folio Classique, 2007)

* * *

J’apprécie ce programme Mundus, ou plutôt ce cursus nommé Crossways in Europeen Humanities. Je l’apprécie de plus en plus, malgré ses balbutiements de l’année dernière, et je me réjouis à constater sa mise-en-route de cette rentrée. Dans un séminaire sur l’hétérogénéité de la poétique d’Ezra Pound, devant moi, ce sont ces jeunes gens d’une identité complexe, comme la mienne, une Philippine catholique dont une partie anglaise, une partie française et espagnole, un Canadien d’origine italienne grandi en trois langues, une journaliste mexicaine qui connaît mieux que les jeunes locaux la métamorphose de Dionysos. Les religieux indiens d’un esprit scientifique. Ces admirables voyageurs de lettres.

Et Ezra Pound. Pound a fait l’allusion, dans le premier Canto de sa poésie de vortex, à Ulyssee qui était allé consulter Tiresias. Il a la même question à poser pour le genre humain d’après 1914 : COMMENT RENTRER CHEZ LUI. Moi la Mundus, je pose aussi cette question, je la pose de manière d’un écrivain: l’écrivain, ce n’est que celui qui ne sait écrire et qui a la conviction de persister dans son écriture pour savoir comment écrire.

« Vous avez percé l’oeil du cyclope, le fils de Poseidon. Vous n’aviez pas le choix. De là vient l’acharnement de Poseidon à vous nuire. Pauvre Ulysse, incapable de profiter de l’immortalité toute proche que Calypso vous offre sur un plateau en or. Courage, les déesses vous protègent, et la terre n’est plus très loin !
Vous avez bientôt l’âge de Télémaque, celui d’Ulysse, puis celui de Laërte : déjà vous savez que votre vie s’est jouée quelque part entre Troie et Ithaque. »

(Ph. Brunet, Quatrième de couverture d’Odyssée, Edi. Folio Classique, 2007)

03/07/2007

La précarité de la précarité

Le propriétaire m’a fait déménager dans un autre appartement à l’étage supérieur pour vider complètement le mien, après le départ de ma collocatrice. Je vais donc cohabiter avec une belle anglaise pour 20 jours.

i)
J’ai gagné un canapé rosso, de jolis tableaux de l’art contempo, un mignon TV dont j’aurai pas besoin, et un appartement come a casa : pas tellement nouveau, avec moins d’espace mais plus de choses et de trace de vie de je ne sais qui.)


J’ai perdu une fenêtre face à la ruine, là où je contemple le ciel, la lueur du crépuscule, la ruine ; j’ai perdu une chambre où j’entends le vieux en haut chanter et disputer avec sa femme : ma collocatrice disait que c’était un fou, qu’il se levait au 5hrs et ne dormait qu’à 2 hrs.

J’ai perdu un balcon où je regarde les gens âgés sur le leur, du bâtiment à côté : une dame élégante, vieillie, portant de belles robes de chambre, étendant les vêtements chaque dimanche après-midi presqu’ aux mêmes heures ; un vieux monsieur qui prend le dîner sur le balcon avec sa femme ; un vieux couple sur le balcon au 2e étage : je les vois assis sous le soleil, souvent en silence. J ’ignore ce qu’ils voient ; ils ont un teint serein, un regard confus. Des fois, je les entends rire, quand une voix féminine enrouée, venant du bas de chez moi, leur raconte des anecdotes. C’est une sorte de rire dont l’énergie perdue, mais d’une fraicheur émouvante.

J’ai perdu l’habitude.


ii)
Pour déménager, il faut nettoyer l’appartement. En Chine, au lycée comme dans l’université, on ne connaissait que le balai, le torchon, de l’eau. Dans l’appartement que j’habitais, il n’y avait pas de balai mais un aspirateur ; le torchon indispensable, accompagné de divers détergents pour sol en carreaux de grès cérame ou pour le bassin. Dans l’appartement que j’habite, c’est évidemment bien équipé, on trouve les outils de nettoyage du plus artisanal au plus post-industriel.

Pour ranger des choses, il faut se laisser ranger par des choses. Il faut savoir où c’est la caffettiera, où la teiera ; pour faire le thé, à prendre d’abord le bouilloire ensuite la théière avant de trouver la tasse correcte : il faut savoir distinguer la tasse pour l’espresso, pour le café au lait, pour le thé ; le verre pour le whisky, pour de l'eau, pour beaucoup d’eau.

Pour battre un oeuf, j’avais un fouet à main ; il n’y en avait pas dans ma nouvelle cuisine, mais j’ai vu un mixeur. Alors c’est branché. En écoutant son bruit bien bref, je tombe dans l’hallucination en me croyant une heureuse esclave. J’ai entendu le murmure de Valéry, qui confirme que l’homme tourne à sa plus complète servitude avec la modernité, que le confort nous enchaîne. Heidegger m’a soufflé aussi son angoisse de l’être, il croit que les pro-progrès technique qui aspirent à une bonne condition de l’être, de même que ceux qui marquent nos âges avec de différentes science de la techno, de l’artisanale à la post-industrielle, n’ont rien compris sur leur être ; que la techno nuit à son Dasein.

Je commence à imaginer une longue période de la vie d’une famille dans cette cuisine, au début tout neuf avec peu de choses, comme cellle que je viens de quitter ; puis cet espace se remplit avec de plus en plus de petites choses, et ces petites choses feront les événements de cette famille : un couvert complet comme cadeau de mariage, une série de tasses à café offerte par une fille à sa grand-mère pendant le Noël ; il faut encore acheter trois verres pour les invités ; ce tablier est joli, elle le veut ; c’est le solde, il a acheté un mixeur pour lui plair et pour profiter du solde. Etc.

Durant un court séjour, comme celui que je viens de passer, l’intérêt reste à ce que l’on découvre et joue une vie en tant que telle. Dans la chambre, on est étudiante ; dans le couloir, on est femme de ménage ; dans le salle de bain, on est femme ou ménagère ; dans la cuisine, on est hôtesse- cuisinière.

Mais pour un séjour très court, ça complique. Ca va néantiser mes vingt jours.


iii)
Dans 20 jours je vais déménager dans une autre ville. Dans 50 jours je serai back in Francia. Dans 70 jours je recommencerai la vie à Perpignan.

J’ai réussi à ranger la vie en une heure et demi.

J’ai appris à laisser ce qui me plait et que je ne peux emporter avec moi.

J’ai osé l’oubli et l’indifférence.




(L'oeuvre d'un peintre anonyme, j'y passe devant tous les jours, j'y reste chaque fois deux secondes.)

27/05/2007

Un An-(ii) My。。。

1. Jeux

i) L’unique cadeau anniversaire de mon université, aussi cher qu’il puisse être, offert par une amie de notre bande ciné-théâtre. Souvenir partagé de notre salon 0206, de notre conférence avec Jia Zhang Ke, du retentissement de notre série-forum dédiée à Leslie Chang suicidé et à son Concubine de l’Empereur, de la salle pleine de notre diffusion de bons films censurés. Souvenir de tout ce qu’on a joué, bricolé, tenté, de la douceur d’une vague ambition dissimulée derrière chaque air dédaigneux. Le monde est à nous, à l’intérieur de chez nous.
Look out, World. Here I am.


ii) L’équipe féminine représentant l’Institut LLE que j’avais rencontrée était d’une complémentarité excellente. On était les professionnels des amateurs (comme celle du volley-ball, n’est-ce pas, Neige ;). C’est une ferveur débordée de la jeunesse et du corps de la jeunesse, un jeu où l’on joue au sérieux.
L’Entraînement régulier, accompagné de bons coachs successifs et de quelques garçons qui jouent avec nous. Entraînement nocturne. On tirait au panier un soir après l’autre pour que le tir au panier devienne presque autonome. La vitesse et la vigueur de ce sport de violence. Une fois en place on laissait toutes autres choses, y compris le fait d’être fille. Dans un match important, on se ressentait déterminé à gagner, avec plein d’acharnement voire de barbarie ; on cria, parfois hurla, à la folie. Le bonheur de courir sur le terrain, de réussir les coopérations merveilleuses dans l’attaque, de rencontrer une équipe avec qui on peut vraiment jouer, d’entendre les ovations des spectateurs.

Le bonheur d’être en équipe, de la libération spontanée. Cette impétuosité de la pulsion m’éloignait peu à peu, qui s’acheva, j’ai cru, lors du sifflement du Final en été 2005 : moment unique où, épuisée, toute l’équipe pleurait ensemble.



2. Emblèmes universitaires
J’éprouve constamment la vénération pour les années 60 de la France et les 80 de la Chine. Je crois toujours les avoir vécues, moralement. Cela fait longtemps que je crois avoir 27-29 comme âge mental, au niveau de la conception et de l’expérience de la vie.
L’ère héroïque n’est plus. Nous nous retrouvons dans le chahut des spectacles de tout genre. Mais peut-être en arrivera-il une nouvelle.

Un An-(i) Visages

C’est une commémoration perso que je fais.
L’année dernière, la soutenance du 23 mai et le repas de l’au-revoir étaient pour moi la clôture de l’abondance d’une vie universitaire. Foisonnante, je veux dire.



1 Plus que profs

Depuis le lycée, les profs sont devenus un rôle important dans ma jeunesse. Ils me conduisent, m’apprécient, me rectifient, et me soutiennent. Moi qui manque souvent de la confiance avancerais avec beaucoup moins de courage sans eux. Je crois avoir de la chance de pouvoir rencontrer quelques profs excellents et singuliers, d’être relativement proche d’eux et les découvrir comme individu, de partager leur idées et parfois leur vie, dans mon lycée comme à l’université.

Remerciement à Lulu(notamment, qui a conçu le disc de souvenir) et à DX, photographes principaux. Certaines images ne seront pas de bonne qualité puisque captées depuis le disc de souvenir.


2 Fleuris : 02 FR

Je crois ne pas avoir bien connu la plupart de ces visages, et inversement. Je n’arrive à discuter avec quelques-uns d’entre eux qu’assez tard, et je m’en confie à deux trois seulement à la 4e année.
Et pourtant ces visages me touchent de temps en temps.

23/05/2007

生之荒芜 Construit-la vie à mort


生之绚烂 La vie à mort




惶。这片蔚蓝 Perplexité. Cet azur




远处还有什么 Gardien triomphant




继续 Continu




平和了 Dans cet apaisement




守望 Se tenir




一起矗立,永远 Tenir. A jamais.




即便只残存 Même si tout s'annihile




这混沌一片 Ici. Ce tout chaotique.



(Photographiées devant la fenêtre. Remerciement: le coucher-soleil, le temps, l'appareil.
Tant pis pr MSN space qui me permet pas de les afficher)