27/05/2007

Un An-(ii) My。。。

1. Jeux

i) L’unique cadeau anniversaire de mon université, aussi cher qu’il puisse être, offert par une amie de notre bande ciné-théâtre. Souvenir partagé de notre salon 0206, de notre conférence avec Jia Zhang Ke, du retentissement de notre série-forum dédiée à Leslie Chang suicidé et à son Concubine de l’Empereur, de la salle pleine de notre diffusion de bons films censurés. Souvenir de tout ce qu’on a joué, bricolé, tenté, de la douceur d’une vague ambition dissimulée derrière chaque air dédaigneux. Le monde est à nous, à l’intérieur de chez nous.
Look out, World. Here I am.


ii) L’équipe féminine représentant l’Institut LLE que j’avais rencontrée était d’une complémentarité excellente. On était les professionnels des amateurs (comme celle du volley-ball, n’est-ce pas, Neige ;). C’est une ferveur débordée de la jeunesse et du corps de la jeunesse, un jeu où l’on joue au sérieux.
L’Entraînement régulier, accompagné de bons coachs successifs et de quelques garçons qui jouent avec nous. Entraînement nocturne. On tirait au panier un soir après l’autre pour que le tir au panier devienne presque autonome. La vitesse et la vigueur de ce sport de violence. Une fois en place on laissait toutes autres choses, y compris le fait d’être fille. Dans un match important, on se ressentait déterminé à gagner, avec plein d’acharnement voire de barbarie ; on cria, parfois hurla, à la folie. Le bonheur de courir sur le terrain, de réussir les coopérations merveilleuses dans l’attaque, de rencontrer une équipe avec qui on peut vraiment jouer, d’entendre les ovations des spectateurs.

Le bonheur d’être en équipe, de la libération spontanée. Cette impétuosité de la pulsion m’éloignait peu à peu, qui s’acheva, j’ai cru, lors du sifflement du Final en été 2005 : moment unique où, épuisée, toute l’équipe pleurait ensemble.



2. Emblèmes universitaires
J’éprouve constamment la vénération pour les années 60 de la France et les 80 de la Chine. Je crois toujours les avoir vécues, moralement. Cela fait longtemps que je crois avoir 27-29 comme âge mental, au niveau de la conception et de l’expérience de la vie.
L’ère héroïque n’est plus. Nous nous retrouvons dans le chahut des spectacles de tout genre. Mais peut-être en arrivera-il une nouvelle.

Un An-(i) Visages

C’est une commémoration perso que je fais.
L’année dernière, la soutenance du 23 mai et le repas de l’au-revoir étaient pour moi la clôture de l’abondance d’une vie universitaire. Foisonnante, je veux dire.



1 Plus que profs

Depuis le lycée, les profs sont devenus un rôle important dans ma jeunesse. Ils me conduisent, m’apprécient, me rectifient, et me soutiennent. Moi qui manque souvent de la confiance avancerais avec beaucoup moins de courage sans eux. Je crois avoir de la chance de pouvoir rencontrer quelques profs excellents et singuliers, d’être relativement proche d’eux et les découvrir comme individu, de partager leur idées et parfois leur vie, dans mon lycée comme à l’université.

Remerciement à Lulu(notamment, qui a conçu le disc de souvenir) et à DX, photographes principaux. Certaines images ne seront pas de bonne qualité puisque captées depuis le disc de souvenir.


2 Fleuris : 02 FR

Je crois ne pas avoir bien connu la plupart de ces visages, et inversement. Je n’arrive à discuter avec quelques-uns d’entre eux qu’assez tard, et je m’en confie à deux trois seulement à la 4e année.
Et pourtant ces visages me touchent de temps en temps.

24/05/2007

Fortissimo...

J'ai été bien confuse hier soir.
Il y avaient des rumeurs qui semblaient venir de loin et de partout, ensuite à partir de 23 hrs jusqu'à 2hrs, des claxons de tour en tour, triomphants.
Les klaxons européens sont bien un art (mais IL Y A les klaxons!). Ces bruits font signes de transport en Chine, omniprésents, qui énervent souvent les occidentaux et qui est plus que normaux pr les chinois.
En Europe ça remplace la parôle et les pétards. On appelle des amis dans la rue, on exprime l'indignation, l'impatience, etc. On est bien civilisé puisqu'on ne dispute même pas. A Perpignan, il y avait parfois de petits troupes de voitures, plus ou moins décorés, qui claxonnent en faisant des tours de la ville (elle n'est pas grande!), fêtant le mariage. Ou bien qq jeunes ravis, conduisant vers Barcelone, font de tels bruits gratuits.
C'est alors à mon tour d'être énervée. Les klaxons chinois sont plutôt neutres, je dirais même d'une certaine douceur, par rapport à ceux de l'Europe(ou plutôt des pays méditerranéens), car ceux-ci surgitent et cherchent à énerver.
Mais c'était la première fois que j'avait entendu le tour de klaxon en Italie. Je pensais en premier que c'était un festival quelconque, mais n'est-ce pas étrange que ce soit dans une soirée de la semaine. Je ne savais comment je pouvais penser ensuite que les italiens fêtaient un jour religieux. J'examinais le calendrier français, il disait que le 24 mai n'était pas un jour férié, pourtant il y aurait des différences quelques fois entre les deux pays.
J'allais demander ma collocataire quand elle était rentrée. "Ah, it's champion's league. The foot".
Et bien j'ai lu ces mots le même jour. Quelle innocence.
Alors le foot. En Chine il y aurait eu des cris collectifs dans les quartiers d'habitation et dans les cantines de l'université.

23/05/2007

生之荒芜 Construit-la vie à mort


生之绚烂 La vie à mort




惶。这片蔚蓝 Perplexité. Cet azur




远处还有什么 Gardien triomphant




继续 Continu




平和了 Dans cet apaisement




守望 Se tenir




一起矗立,永远 Tenir. A jamais.




即便只残存 Même si tout s'annihile




这混沌一片 Ici. Ce tout chaotique.



(Photographiées devant la fenêtre. Remerciement: le coucher-soleil, le temps, l'appareil.
Tant pis pr MSN space qui me permet pas de les afficher)

17/05/2007

Zig-zAgging iii) -iv)

iii)
Le lendemain matin. Un matin comique.
J’attends sans savoir trop quoi attendre devant un petit bureau à côté des fenêtres et une longue queue. Moi qui a eu l’habitude d’attendre depuis deux ans, d’en profiter pour lire ou écrire ou regarder les gens de bon gré, me trouve mal à l’aise pendant ces deux heures : non pas comme dans les salles administratives en France, bien tranquille et en ordre ; non plus comme dans un hôpital en Chine, où il y a beaucoup de bruits mais encore tolérable.
Dans la Questura, les bruits de la queue sont eux aussi tolérables, normaux même. Mais au bout de quelques instants, je me suis trouvée enclose par la rumeur qui empêche la lecture et me fait mal à la tête. C’est que les administrateurs hurlent. Oh my...que terrible. Le garde en premier, cet homme comiquement rond. Alors qu’il a l’air bien joyeux, il hurle vers les gens à pl. reprise, avec un ton SOU-LI-GNé pour ne pas dire hystérique, renforcé grâce à la tonalité de la langue. Les agents, à leur tour, parlent et se parlent à haute-voix, chantonnent quelques fois.
La dame dans le bureau m’appelle. J’ai déjà compris en observant qu’il faut donner des empreintes digitales sur une machine semblable à un imprimeur. Alors d’abord le pouce. Va bene. L’index. Elle fronce le sourcil. Elle dit rien, elle regarde l’homme assis à côté d’elle. L’homme, gai et enjoué, se lève pour venir près de moi. Il met les gants de caoutchouc. « Urh... » Il me répond avec un grand sourire. « Andiamo ! »
Il me saisit à la main. Il a trouvé l’index, l’examine deux secondes. Il me sourit. Il l’appuie sur la plaque. C’est fait. Ainsi de suite. Pour l’annulaire ca a été un peu dur, il a fallu l’essuyer avec un torchon humide avant d’essayer une deuxième fois ; pour empreindre l’ensemble des quatre grands, il a fait pareil que lorsque l’on fait avec un sceau, le torchon comme encre. Il a su faire tout cela en cadence andante, accompagnée d’un fond sonore de chansonnette. Quand c’est terminé, il me sourit : « italien technique ».
Depuis qu’il m’a saisi la main, et bien je sais que c’est incongru, mais je tremble de rire sans que je puisse m’en empêcher, dans cette bonne ambiance administrative. La dame devrait être influencée, elle qui avait un visage figé a fini par trembler quelques secondes avec moi. Pourtant l’homme ne sourit plus, une fois qu’il se remet à sa place ; son visage transposé en raideur.

iv)
La portée insoupçonnée du rire. Cette découverte ferait partie importante de mon séjour en Italie. Si en France, c’était là où je vivais la quiétude de la vie et de l’esprit, où continue un rêve de plus de quatre ans et qui se réalise en partie, en Italie, c’est le réveil. Un réveil plutôt âpre, comme quoi, le moment où le premier couple du monde ouvre les yeux.

Zig-zAgging i)-ii)

i)
Je me plains pas.
J’entends rester indifférente et souriante, comme je l’ai été, devant l’administratrice qui parlait tantôt français tantôt italien et qui cherchait à disputer au Consulat de France à Milan. Mais c’est déjà pas la complainte ni l’indignation que j’exprime ici, mais...ça a devenu fort hilarant.
C’est fort, ça fait une suite d’aventure administrative. J’ai pas le permis de séjour final en France, alors que j’ai eu le Visa italien, « c’est déjà irrégulière ». Ah bon.
J’ai pas le permis de séjour français, je dois donc demander un visa de retour. Et pourtant je ne peux pas le faire maintenant puisque je n’ai pas eu le permis de séjour final italien. « Si vous circulez pas, vous circulez pas. ». Forcément. Faut pas se laisser faire. Il faut suivre la démarche. Il faut profiter du tour à Rome pour la demande de visa (le consulat à Milan sera fermé à partir du 1ier juin). Peut-être faut-il encore profiter du retard pour prendre un bref ermitage de rédaction à Sicilia.

ii)

Le rythme de swing n’est pas propre à l’administration française. Le système italien a su améliorer le procédure pour faire envoyer les documents de demande via la FAMEUSE POSTE ITALIENNE. Nous avons eu de la chance pour expérimenter cette nouveauté. Nous avons payé, envoyé les documents mi-février. Depuis, il y a plus de nouvelles. Vue de la situation délicate, on est allé se renseigner. « 8 mois d’attente » disent-ils. J’éclate de rire. Une ancienne élève m’avait dit 3 mois.
Grâce à the italien way, la secrétaire nous emmène directement à un bureau de la Questura (un drôle de nom. L’équivalent de la préfecture et le Bureau de l’Immigration.). Nous attendons une demie journée en dehors, inquiets de nos examens et dissertation/mémoire. Quand elle sort, du coup nous avons avancé 2mois : nous devons y retourner le lendemain, et la 2e démarche sera faite. Après, si elle les presser un peu, on aura chance d’obtenir le permis avant fin juin.

07/05/2007

Tel Quel- III Sarko a destra, Sego sinistra

Depuis que j’apprends l’italien je trouve ça intéressant. La droite et la gauche.
« La Francia si stringe a destra ! » Annoncent-ils.
(C’est –la-fa-ta-li-té…selon Notre dame de Paris. Je me rappelle que ça comme parole.)


17H. J’appelle Chantal. « -Non, elle n’est pas là. Elle est à la mairie. Aujourd’hui c’est l’élection. »
Ca alors. Les heures supplémentaires ne sont pas nouvelles.

17H30. Une amie chinoise appelle. Elle est aux Champs-Élysées. Elle me dit que le camp de Sarko s’installe à la Concorde, celui de Sego à la Bastille, et « là où il y a de la fête, on saura qui gagne ». « -Que disent les Chinois là ? » « Pas grand chose, on dit seulement que si c’est cet homme-là qui gagne, ce sera plus difficile d’avoir le titre de séjour. » Ca alors. Sauve qui peut.

20H15. Une amie française appelle.
-Et alors, c’est Sarko ?
-Et oui c’est lui ! XX% contre XX%
-Donc voilà c’est parti.
-Ben on verra la France souffrir hein...et oui on verra se qui se passera. Il va la fouetter derrière...Il faut travailler !
-C’est pas mal ça, non ?
-Du tout. Moi je me suis inscrite au FLE, on est prêt à partir !
-Eh oui pour moi aussi ça ouvre le chemin là. Que dit le débouché de notre programme ? l’administration de l’Immigration ! Je ferais la bureaucratie ! Hia-hia...Plein d’intérêt ça....

Plein d’intérêt la bureaucratie. Avec ça je continuerais ce que faisais ma mère, je jouerais Kafka, je comprendrais mieux une parie de Duras, je ferais ce qui serait le plus chiant et qui aurait le plus à faire...

Ca alors, qu’il nous inspire, ce Sarko la destra.