14/06/2008

Les survenus du courant

J’ai vu cet homme plusieurs fois au loins dans la mer, sous une lumière transparente, enocre, comme celle de la fin du monde. Il fait le sport avec une barque, ou un esquif, ou bien, Segalen appellerait ça un « samban ». Il n’est pas assis mais tient tout debout, bouge doucement sur la pointe des vagues qui se lèvent avec du vent assez fort. Cela me rappelle momentanément les hommes d’un village de pêche qui danse sur le flot ondulant du lac Erhai. Peut-être, lui aussi, il est homme de pêche.

L’émouvant est que derrière cet homme, je vois l’infini de ce bleu foncé, chantant et triste.

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C’est du bonheur que certains endroits intéressants à visiter surviennent dans le promenade improvisé. C’est la première fois que j’entre cette cimetière du Cathédral. Pas de scrulpture. Rien que les stèles sobres sur la pelouse, qui marque pourtant la date du XVIII Siècle. L’ambiance est sombre, même sous le grand jour, sans doute à cause du style de l’architecture du portail. La ruine de la tour du Cathédrale, l’un des symbols de ce village hautement civilisé. J’ai toujours été impressionnée par cette colonne dressée de cette manière, et elle me parait toujours une clé qui ouvrait la porte de la spiritualité.

(je ne peux pas faire les photos maintenant, mais cliquez ici et vous trouverez bien des photos du coin)

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Je sais. Je sais ce qui me rappelle le Shanghai du passé. Ce ne sont encore pas les jardins qui rappellent les concessions. Ce sont parfois les biscuits qui ont le goût de ceux que je goûtais à l’enfance. Ce sont surtout les outils, les objets du quotidien. Dans une maison qui sert de musée de pêche : une machine de couture dans la laverie, c’est la même structure que celle de chez mon grand père dans les 80s ; un maillot de bain élastique des années 1950s ressemble à mon premier maillot de bain que ma mère m’avait acheté début 1990. C’est ce qui est le plus courant qui se ressemble.

1 commentaire:

Cochonfucius a dit…

Les biscuits, la machine à coudre et le maillot de bain, étrange constellation de sens.

Peut-être s'agit-il d'une nostalgie des plaisirs de la vie des très jeunes enfants dans leur famille, quand les bonnes choses adviennent gratuitement.

Cela me fait penser au bol magique de Miss Wintersnow, que l'internaute Io Kanaan appelle un 铁饭碗, mais je crois que ce n'est pas tout à fait cela.

Merci pour la belle image de batelier.