02/10/2008

Barcelone mérite un détour, ou plusieurs

Quand je disais aux amis Mundus il y a 10 jours que je ne me suis jamais rendue à Barcelone, ils me craient : « Mais non Delphine, qu’est-ce que t’as fait à Perpignan ? » Eh oui, qu’est-ce que je fais de beau à Perpi ? Je dors, je mange. J’écris, je lis. Je stresse, je déstresse. Je me baigne dans la mer, je me promène au centre-ville. Je découvre les concerts du festival, je vais voir les pièces de théâtre, je profite de ce Perpi d’été que je n’ai jamais connu auparavant.

Mais Barcelones semble être incontournable. Et l’Espagne me séduit. C’est alors décidé. Je remets le mémoire et je réserve les billets et l’hostel et je pars.

La visite des villes modernes me semble assez délicatee, ce qui n’est pas comme un voyage en pleine nature où l’on peut se jeter entièrement dans la montagne, dans les eaux ou dans les forêts. Il faudrait parfois privilégier le paysage urbain, parfois la causerie avec les gens, ou encore les héritages immatériels. Barcelone est le dernier cas pour moi.

Cette ville me déçoit au début. Plus catalane qu’espagnole, plus mondernisée que traditionnelle. Encore une fois, je pense à Shanghai, à Liverpool aussi, à Dublin, à Marseille. Les villes modernes se ressemblent plus ou moins au niveau de l’urbanisme, sauf que les coins d’attirance de certaines villes peuvent être parcourus à pieds, ce qui est le cas pour Barcelone. Les Rumblas, ça ressemble pas à la rue de Nankin ? Sauf qu’il y a les statues vivantes dans la rue. Le marché couvert de Boqueria n’est pas tellement différent que celui en bas de chez moi à Shanghai, sauf qu’il y a des fruits tropicaux qui sont toujours alléchants. Quant au quartier gothique, vraiment, je préfère les ruelles italiennes de la Renaissance, sauf que, oui, je me souviendrai du chant de Flamenco de l’homme à la guitare, de cette fluidité de mélancolie qui résonne entre les murs.

Les gourmandises ? le tapas, j’ai l’idée même que je pourrais le faire moi-même. Le Paëlla, j’en trouve de bons au marché de dimanche à Perpignan. Les piquants, non, ils ne me plaisent pas. Alors à quoi bon le voyage ? A quoi bon ?

A ceci que les découvertes architecturales m’émerveillent, encore plus que celles des oeuvres de Picasso. Gaudi, quel miracle, Gaudi. Avant de contempler longuement les sculptures de la façade de la Sagrada Famillia, je ne savais pas que les statues catholiques pourraient être renouvelées d’une telle manière : non pas les figures humaines de la Renaissance qui représentent les histoires de la Bible, mais les statues cubistes et imaginaires. A la Nativité que Gaudi a réalisé de son vivant, j’ai préféré la Passion : les yeux enfoncés, plus trois traits sur le front simplement, on ressent la souffrance (et peut-être la pitié) du Christ, de même que celle de Gaudi, alors tourmenté par la mort.

C’est à la Pedrera que j’ai compris, avec les explications audio et multimédia très détaillées, que les matériaux de construction pourraient être aussi bien associés avec les éléments de la Nature. C’est onirique en un mot, cette sorte de conception architecturale, et luxueux aussi. Combien de temps et d’énergie qu’il faut y mettre pour de telles édifices, dont les façades colorées comme des fleurs, avec une grande terrasse ondoyante et les cheminées dont la forme s’inspirent du maïs ? je ne dirais même pas que ce soit une construction de l’habitation humaine, non ; ce serait la réalisation d’un rêve médiéval et féerique de l’homme déplacé de la forêt.

Et pour moi, c’est ça Barcelona.

1 commentaire:

Mélanie a dit…

Bonjour,
Jai bien aimê votre rècit concernant votre sèjour à BCN.
Je viens darriver a Barcelone et je me renseigne un peu sur les "bons plans" à Barcelone.
Jai dailleurs trouvé un blog intéressant à ce sujet.
Je vous envoie le lien, jettez-y un coup doeil si ça vous tente:)
Barcelonablog.wordpress.com

Bonne continuation.
Mel.