09/01/2008

Segalen, ou éloge de l'Autre

Puisque pour l’instant je crois pas pouvoir rédiger grd chose, je dépose en bloc tout ce qui convient, voilà mes notes de la scéance sur Ségalen du séminaire de ma directrice « Poétique de l’Altérité ». Les idées de Segalen exposées par la prof me paraît parfois étonnamment proche des miennes...bien que le Dao est un peu trop mythifié par la prof ou peut-être par Segalen lui-même.)


Sur le fameux « Ceci n’est pas un récit de voyage et d’aventure » de Segalen, j’essaie de marquer trois points sur le refus du récit selon Segalen. (Ca pourrait être comparable au refus de « récit » des autres écrivain-voyageurs ) :

Le refus du récit voyageur de Segalen part de ses convictions pour la poétique, pour le « bon voyage » selon lui.
1)Refuser le récit, c’est renoncer à prendre la place du « sujet », qui revient au « même », et en ce cas « l’autre » n’existe pas véritablement : il est l’objet/déco de ce monde du « moi », il entre dans ce monde et ne suscite aucun mouvement ou réaction.
2) Le récit c’est la connaissance : l’alignement des connaissances, sans de véritables interactions avec les lecteurs. Les connaissances sont alors bloquées dans le texte du récit, devenant un monde écarté et « témoigné ». Les lecteurs seront « impressionnés » par les connaissances (récitées ?) mais ils ne les « admirent»/expérimentent pas. Sorte de position comme celle du théâtre d’Euripide(dualité) : le spectateur témoigne le monde sur la scène mais s’y mêlent pas. Pas de mise-en-UN(intégration/partage/fusion, « rousseauisme ?? ») : sans continuité ni ouverture de l’oeuvre dans la lecture(ECO Umberto). CF : la poétique, c’est l’expérience, la sensation, jouissance (JOY : selon Pasolini !)
3) Le récit c’est comme l’acte de « combler » un trou (réf Girard), alors que la poétique, c’est de le « contourner » (ie les contextes extérieurs autre que « Aujourd’hui j’ai mangé ...je me sens... je trouve que...): sorte d’incohérence créative. Raconter le « moi » en decrivant « l’Autre », ça pourrait correspondre à une perception non-dualiste, qui ressemble à celle du cinéma moderne : la perception optique-sonore pure (Deleuze).

2 commentaires:

Ben a dit…

J'ai regardé vos notes avec attention. Elles sont très bien prises, on voit bien que vous comprenez ce que vous écrivez. Essayez-vous d'en faire aussi quelque chose de calligraphique? Qu'est-ce que ça pourrait donner, des caractères latins calligraphiés "à la chinoise"? Il y a bien quelques caracteres quand vous parlez de Liezi ( "le voyageur suprême ignore sa destination" ). Citer cette phrase de Liezi, pour vous, c'est forcément une marque de "vénération un peu exédée"? Moi, je l'aime beacoup, cette citation ( surtout dans son contexte, qui est très obscur.)

Delphine a dit…

Ah sur les notes il y a bien des choses à raconter.Les notes à la française m'avaient bcp impressionnée pendant mon séjour du S.1, et j'avais bcp appris des étudiants locaux.En Chine si on avait les cours en fr on faisait pr la plupart du temps la compréhension de la langue et développait peu la pensée dans le texte, c'était loin du travail de la théorie littéraire, travail plutôt du dép.chinois,comme déplorait Neige.(En plus imaginez que notre mémoire de licence égale un grand dossier de séminaire en France!(25PP)...j'en ai eu honte.) Je prenais alors les notes de mots-clés en chi, très concise,et moins "verbeux" que les langues occidentales en effet, comme v en aviez parlé(et du coup ça consomme bcp de feuilles, embêtant pr le déplacement). Mais ça n'a pas marché dans les séminaires ici car je trouvais mes notes mélangées des mots trop concises et déchaînées(les deux sont mes plus grds défauts dans la rédaction), et je m'y perdais dedans.J'ai essayé donc de changer d'habitude pr prendre les notes en phrases et pr lire mes notes en fr.ça fait mieux comprendre les séminaires,ça fait bcp d'exercices aussi(surtout celui de la logique).Par contre je continue à prendre 2 3 mots chinois comme index.
Pr pouvoir lire mes notes j'essaie d'écrire clairement et rapidement, s'il y a qch de calligraphique ce devrait être l'influence de ma directrice qui écrit vraiment en style-manuscrit, de ma très bonne amie Andréa aussi.Sinon j'ai commencé à écrire en anglais à 10ans je crois,donc je suis quand même assez familière de l'écriture en caractère latin. Mais n'est-ce pas les lettres latins ont eux aussi un style esthétique sans être systématisé, qu'on peut appeler lettres calligraphiées"? (sur cela je montrerai plus tard ma découverte du Noêl)
En évoquant Liezi, la prof parle en effet de cette phrase qui me plaît également, et qui me rappelle celle de Baudelaire:"les vrais voyageurs partent pr partir"),pr moi les deux phrases sont très proches.C'est juste la manière dont elle en parle (sans développement ni explication) qui me gène un peu, c'est de rendre davantage obscure une théorie qui a déjà une réputation de l'être,ce qui découragerait la compréhension; ou d'écarter le daoisme à l'échelle purement esthétique/formelle en négligeant son sens, bien qu'ambigu.