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03/03/2010

Pleine lune, fête des lanternes







"Bienvenue pour entrer dans la ville et rendre visite!"

Je n'ai pas pu m'épargner d'aller faire un tour à la vieille ville. C'est aujourd'hui classé patrimoine immatériel de Shanghai alors que cette tradition de tour des lanternes m'a largement éloignée. Les lanternes y sont toujours, c'est sûr, mais il n'y a plus de lapin en papier fabriqué à la main. Les enfants d'aujourd'hui ne semblent pas non plus très attirés par des lapins roulants plastiques. Pas d'enfants terribles aujourd'hui qui cherchent dans la foule les lapins brûlants puis brûlés(puisque c'était allumé d'une bougie au milieu dans leur ventre) et s'en applaudissent.

Cette ambiance de fête m'a tout de même ramené au goût des 80's.

* * *


Est véritablement impressionnant la transformation de la vieille ville en une cité de fête. Ce lieu touristique où, parfois, l'on cherche mollement à remplir l'estomac le midi, devient en quelques heures, et ce durant 3 jourées de lanternes, un quelquepart qui m'a été très inconnu, un nullepart de l'autre côté du miroir.

Parce que, dans ce délai, la ville est enfermée, dite "scellée"(feng/封, comme pour une enveloppe), la nuit tombée et il faut acheter un ticket pour y entrer voir les lanternes!



Pour plus de visualisations: cliquez ICI




08/05/2009

Piaf des années 30- 50s

Dans les années 30, Edith Piaf fait la connaissance de Jean Cocteau. "Il adore la chanson française, et il est un inconditionnel d'Edith Piaf. D'ailleurs, à son propos, il dit: elle ne chante pas l'amour, elle le gueule, elle a du génie, elle est inimitable. Il n'y a jamais eu d'Edith Piaf, il n'y en aura plus jamais. "

--extrait de la voix de Jacques interprétée par Jacques Pessis, l'auteur du spectacle musical
Piaf, une vie en rose et noir)


La chanson en bas "est signée Henri Contet. Il est journaliste à Paris Midi, le grand quotidien d'avant guerre.(...) Entre 1940 et 1944, Henri Contet ne va pas écrire bcp d'articles pour les journaux. En revanche, il va écrire les principales chansons d'Edith Piaf. Et il va ausssi être son amant. Enfin de temps à autre, et pas suffisamment au goût d'Edith."(idem)

La chanson est enregistrée le 15 octobre 1951.



啪嗒,啪嗒 PADAM PADAM



这乐曲纠缠我通宵彻夜 Cet air qui m'obsède jour et nuit
这乐曲并非诞生在今天 Cet air n'est pas né d'aujourd'hui


他的来处和我的一样远 Il vient d'aussi loin que je viens
再被千百个音乐家流传 Traîné par cent mille musiciens/

总有一天这乐曲要把我弄疯癫 Un jour cet air me rendra folle

很多次我都想问个为啥 Cent fois j'ai voulu dire pourquoi



他却要来给我打岔儿 Mais il m'a coupé la parole
他总抢在我之前说话 Il parle toujours avant moi



而且,他的声音还盖过我的 Et sa voix couvre ma voix





啪嗒,啪嗒,啪嗒……Padam...padam...padam...
他追随着我,跑到这里
Il arrive en courant derrière moi
啪嗒,啪嗒,啪嗒……
Padam...padam...padam...
他声声逼问,你还记得吗
Il me fait le coup du souviens-toi /
啪嗒,啪嗒,啪嗒……
Padam...padam...padam...
这首乐曲对我充满怨意 C'est un air qui me montre du doigt

而我在身后拖着这牢记一切的乐曲 Et je traîne après moi comme un drôle d'erreur
像拖着一个奇怪的谬理
Cet air qui sait tout par cœur

他说:“想想你那些爱情
Il dit: "Rappelle-toi tes amours
想想,这就轮到你了
Rappelle-toi puisque c'est ton tour
你没有理由不哭泣
'y a pas d'raison pour qu'tu n'pleures pas
为了你那些成堆的回忆……”
Avec tes souvenirs sur les bras.../
我便重想那些还留存着的
" Et moi je revois ceux qui restent
如鼓声般躁动的二十岁年华
Mes vingt ans font battre tambour
我想起那鼓槌错落敲打
Je vois s'entrebattre des gestes
所有的爱情戏
Toute la comédie des amours
都上演在这首经典乐曲里 Sur cet air qui va toujours




啪嗒,啪嗒,啪嗒…… Padam...padam...padam...
7月14日的“我爱你”
Des "je t'aime" de quatorze-juillet
啪嗒,啪嗒,啪嗒……
Padam...padam...padam...
廉价买来的“经久不息”Des " toujours" qu'on achète au rabais
/
啪嗒,啪嗒,啪嗒……
Padam...padam...padam...
然后是打包批发的 “你可愿意 ” De
s "veux-tu" en voilà par paquets
所有这些,都正好在街角撞上
Et tout ça pour tomber juste au coin d'la rue
这首把我辩认出的乐曲
Sur l'air qui m'a reconnue
...

听啊,他为我制造的喧嚣 Écoutez le chahut qu'il me fait
...
就好像在把我的过去招摇 Comme si tout mon passé défilait
...
还得把忧伤看管好
Faut garder du chagrin pour après
我可有一整本关于这乐曲的试唱练习 J'en ai tout un solfège sur cet air qui bat...


那节拍规则得就像木石心脏的心跳 ……Qui bat comme un cœur de bois...



(Traduit par/翻译: Delphine.
All rights reserved. Enfin, pour toute reproduction, merci d'indiquer la source de l'article./
转载时请以超链接形式标明文章原始出处和作者信息)




NB:
En passant, j'ai découvert par hasard le groupe Padam, dont la musique et surtout "la voix éraillée" du chanteur principale me semble pas mal du tout. En général j'aime la voix éraillée" dans les chansons.


02/05/2009

Têtes d'oeuf- Art Fair (iii)




Il n'y a pas que ces deux figures d'expression assez vive , il y a aussi le retentissement de deux voix féminines virtualisées et qui sortent des bribes de mots sur un peu tout et n'importe quoi.

J'étais épatée. Je me dis qu'ah mais c'est encore eux? Je ne comprends plus, est-ce la répétition ou l'imitation de certaines idées créatives est à la mode dans le monde d'art contemporain d'aujourd'hui? Ou que les coincidences se multiplient parce que finalement tout est circulaire dans ce monde?

Je pose les questions, car ces deux têtes me rappellent immédiatement une autre oeuvre présentée à la Gare de Bercy lors de la Nuit Blanche de Paris 2008: je m'en souviens car ca a été ma préférée parmi toutes les oeuvres que j'ai pu voir lors du tour nocturne parisien qui, pour être franc, m'a été plutôt décevant.

L'oeuvre s'appelle Autoportrait, en voici le lien où se trouve la brève présentation. J'étais arrivée à la gare de Bercy vers 22H30 pour voir un grand monde, adultes et enfants, qui entouraient une voiture rouge claire et qui ne voulaient la quitter qu'au bout d'un bon moment d'observation et avec un air de satisfaction.

S'aperçurent dans la voiture un homme et une femme, d'une figure presque vraie, et tout ce que l'on pouvait voir était comme ce que montre la photo dans le lien. Le couple entre eux, en élevant les sourcils, sur les sujets concrets, voyages, livres en cours d'écriture, lecture, petits rien du tout dans la vie, boulots, etc; parfois le silence règna, parfois ils jettèrent de temps en temps un coup d'oeil vers les gens autour de la voiture qui les regardaient.

"Robots, avec le visage peint et vivant !" certains gosses criaient de fierté après un instant d'observation de près. "Faux". C'était tout ce que je pouvais saisir à 1m de loin de la voiture. Les gens se discutaient entre eux d'une voix tellement basse que je n'arrivai pas à entendre le secret: car j'avais bien senti qu'il pouvait y avoir un secret. Ce fut mon tour: regarder de près, fixer le regard sur leur visage, fixer encore, même si la femme me jetta un coup d'oeil en disant, ah tu vois, il y a du monde autour de nous, c'est bizarre.

Ce n'est pas évident de se rendre compte que finalement, toutes leur expressions ont été projetées depuis d'un projeteur caché qqpart à côté du volant. Simulacre magnifiquement perturbant: une création de Magdalena Kunz et Daniel Glaser.

Alors, que Dieu blesse ce M. Tony Oursler. C'est tout à l'heure que j'ai découvert qu'il faisait aussi partie des artistes invités à la Nuit Blanche de Paris de cette édition. Son oeuvre présentée à cette occations-là ne m'a pas paru génial et je ne rentre pas dans les détails. Maintenant que son oeuvre de deux têtes est présentée à Art Beijing, censée d'être en vente, l'idée provient cependant de l'oeuvre du couple artiste cité en haut. Alors droit d'auteur ou pas droit d'auteur? Reprise du thème, ré-création, imitation, suivie du courant, plagiat, coïncidence? Lequel, ou laquelle?

Mais of course, l'oeuvre de M. Tony Oursler s'est évoluée de son prototype. Si l'oeuvre du couple vidéaliste ont interrogé sur la perception et la sensation du spectateur tout en aggrandissant l'usage de la technique visuelle, celle de Oursler démontre le maniement de cette technique en rendant tout dans l'état originel: les deux têtes se trouvent juste en face de la boîte de projecteur, donc de leur vérité d'être.


figures virtuelles


Et puis, l'artiste newyorkais a su agrandir le regard des deux têtes. "The eyes are very important, since you can enter directly to the inside of a person. " Le photographe de Zimbabwe, Calvin Dondo, l' a ainsi prononcé.

Urh yeah, au fait j'étais là pour rester au stand de la mini-expo africaine "Bamako Encounters". Deux photographes et un conservateur étaient là, représentant une communauté des artistes africains soucieux de faire connaître leur société actuelle et de plus en plus internationale au monde entier.



portrait de Sergio/ Photo: Calvin Dondo
( J'ai demandé à Calvin de prendre une photo avec mon appareil et c'est ce qu'il a fait,
et puis il a parlé du regard d'un personnage)




Monna et Sergio
(Normalement ils sont bien sérieux, mais après une journée assise c'est le moment de détente.
Les photos derrière sont prises par Sergio.
)



Calvin Dondo
J'aime particulièrement son regard.

30/04/2009

Art Beijing- Art fair (ii)




On appelle cette occasion an Art Fair parce qu'il s'agit des affaires.

Mettons à côté les oeuvres étrangères qui sont là davantage pour s'exposer que pour se vendre, les oeuvres chinoises présentées ne sont pas surprenantes. J'ai l'impression que c'est un lieu qui ressemble à une grande halle de gallerie mais qui ne l'est pas encore, qui réserve pourtant une salle VIP pour que l'on puisse y parler du business: un lieu disons entre une gallerie et un marché de vêtements par exemple. Une large partie d'oeuvres ne donne pas envie de s'arrêter devant et de la regarder longuement.

Mais comme toujours, l'exception existe. Lorsque les deux blocs illustrés en haut entrent dans ma vue, je m'arrête, je me dis que wow, ces langues...


langue de boutons


Le bloc en couleur est fait des boutons. Tous les visiteurs que j'ai vu, s'ils se sont intéressés par cette oeuvre, s'approche d'abord de ce bloc en couleur, comme moi.



Langue de cuillières

C'est peut-être que ce bloc en argent donne l'impression de froideur, voire d'hostilité. Il y en a qui commentent, qui commentent près de la langue de boutons sans regarder cette langue de cuillières, que Ah regarde, ces deux collines sont intéressantes...c'est fait de boutons! Ils ne sont pas sans raison en disant cela, chacun a ses perspectives... et puis, c'est juste un dire.


panneau- pouvoir du discours : Full and Warm


Le texte que l'auteur a donné à son oeuvre: "Pouvoir du discours: Full and Warm." Je ne trouve pas de mots exacts en français pour donner un équivalent efficace. Plein et tiède? Ca fait un peu bizarre tout de même... au moins, pour une fois je tentais de dire "je suis pleine" à la fin d'un repas, alors que l'hôtesse m'apprenait que l'on dit plutôt "j'ai plus faim."

"Full" et "Warm" est l'un des critères pour mesurer le niveau de vie du peuple d'un pays, selon la science économique chinoise. Si l'on fait les notes de A à E, Full et Warm! 温饱, ça fait un D, passable. C'est l'au-revoir de la pauvreté (notée E) et le départ vers un Xiao-Kang/小康/le petit bien-être , noté C(assez bien), et plus loin, un Fu-Yu/富裕/la richesse, notée B (bien). Pas de A(très bien) pour la Chine, car "la Chine ne veut pour rien au monde faire l'hégémonie dans le monde", promis juré.

En lisant le titre, on lit directement l'oeuvre. Tout est très concret. Beaucoup de cuillières en inox qui évoquent la nourriture, donc on est "full"; beaucoup de boutons qui évoquent l'habit et qui enveloppe la langue, donc on est "warm". On devrait être très warm.

L'utilisation des boutons est loin d'être une nouveauté artistique. A ce sujet, j'ai certainement pensé à Michel Jeannès et à son art de boutons. L'idée du départ de ses oeuvres me semble être de développer le sens du lien et du quotidien incarnés dans cet humble objet d'émotion, ce qui est plutôt abstrait, comparé à l'idée de Wang Kaifang, l'auteur de l'installation des langues, qui montre directement le concret et l'illustrable, quoique, derrière l'évidence, il y a aussi l'implication significative à exploiter.

La tranche dualiste abstrait/concret est peut-être trop efficace, mais honnêtement, elle trouve son terrain en Chine car bien des voix majeures de notre société d'aujourd'hui répugnent l'abstrait(malgré le fait que l'opéra chinois s'avère la quintescence de l'abstraction) , la métaphysique(la métaphore est largement privilégiée), l'irréel, le théorique, l'invisible...et il se peut que la majorité se tourne vers l'autre extrémité lorsqu'elle en a marre de ce qui ne lui plaît plus.
De s'équilibrer, comme de se justifier, ça semble toujours être une tâche difficile pour les Chinois. C'est normal, quand on va hors de la vitesse de la routine, que l'on se laisse perturber par les critères flexibles, les biens et les mals permutables, les vrais et les faux enchevêtrés..., on pert le boussole et on ne sait plus. On ne sait plus repérer dans l'inondation des choses.

Ah, je sens que je dois absolument aller me coucher.


29/04/2009

A Pékin, où va M. Chat (Art Fair- i )



Où va M. Chat à Pékin?



M. Chat est stand-alisé à Pékin



Mais bien-sûr il ne s'en contente pas. Salut M. Chat!




L'art du graffiti, c'est, par ex, trouver le bon endroit pour peindre le nuage



Tant qu'on reçoit les VIPs... autant en profiter. Youpi!!



M. Chat veut pécher la presse.



M. Chat pose à l'itv.
- Qui êtes-vous, M. Chat?
- Heu, je suis M. Chat, jaune, gros et/mais souple...et je sais voler!
Et puis, on m'a dit que je suis symbol de l'art populaire et du partage. C'est chouette, non?

-Bonjour, M. Chat!
-Enchanté!




Press Center


M. Chat s'est bien amusé et va partir ailleurs. Il est dit qu'il a perdu son sac dans lequel il y a son ordinateur. C'est dommage, d'autant que la police ne semble pas être capable de retrouver le sac. Mais ce n'est pas grave, M. Chat sait toujours grimper sur de jolis bâtiments et surprendre dans la rue avec son grand sourire.

28/04/2009

Baroque?

Le plafond


La troupe musicale s'appelle "Le poème harmonique". Vincent Dumestre en tête, qui se spécialise sur les musiques du XVIIe et du XVIIIe Siècle.

C'est la première fois que j'ai assisté à un concert baroque avec les instruments.

Leur concert a ravi le public pékinois, ce que personne n'avait imaginé. "Musique baroque", ça ne fait pas peur au public chinois, ce genre de musique?

Au départ, les quatre solistes chantent justes, solennels, accompagnés des instruments à cordes, à vent, et de percussion qui entourent le luth (ou le guitare classique) de Vincent Dumestre. Le luth, c'est l'un des mystérieux. Le son n'est pas très distinct, et pourtant ça tient comme le fil de conduite durant tout l'air. Moi qui n'ai pas une connaissance particulière sur les instruments occidentaux, crois que la luth a comme équivalent le tympanon chinois que je connais par coeur : ce dernier est l'instrument de percussion (mais avec bcp de cordes!) qui se joue tout seul mais, malgré le fait qu'il se trouve presque tout le temps au milieu d'une troupe, accompagne en général les autres instruments majeurs(plus particulièrement le Er-Hu, équivalent du violon) dans une troupe musicale.

Les violons, si ces instruments s'appellent le violon, sont également joués de manière inhabituelle(ou plutôt de manière classique?). Le violon, la viole, le violoncello, aucun n' est posé au cou, tous sont dressés et se joue avec un archet que les musiciennes tiennent, leur paume droite ouverte en dessus. Autrement dit, la méthode de ces instruments à cordes classiques n'est pas comme celle du violon mais bien comme celle du Er-Hu.

M. Dumestre change de temps en temps d'instruments entre la luth et la guitare classique. A côté de lui, une autre dame qui joue de la flûte. Pas seulement de la flûte, au fait, mais plusieurs flûtes de différentes tailles qui s'étalent à ses pieds, et un long tube qui produit un son comme du saxophone. Changer les instruments, c'est toujours un jeu intelligent au sein d'une troupe, c'est à la fois une nécessité musicale et un spectacle. J'ai gardé la mémoire de faire pareil avec les troupes de musique classique chinoise dont je faisais partie. Notre maître d'alors pensait que, comme nous avions joué le tympanon durant plus de sept ans, nous pourrions penser à changer, à chercher d'autres choses à jouer: le Er-hu, par exemple, compagnon idéal du tympanon. Alors toute la classe avait acheté le Er-Hu. Durant trois ans on a appris le Er-Hu en continuant le tympanon, et un jour le maître dit que ça y est, on est prêt, on commençait alors à s'alterner entre les deux instruments dans la troupe. Pas seulement deux instruments, au fait, car à partir du Er-Hu on a aussi le Zhong-hu, l'équivalent du violoncello, et le Di-hu, l'équivalent de la contrebasse. Quoi qu'il en soit, le principe est le même. Il m'arriva même que le maître me demanda de jouer la grosse luth avec un plectre. Si ce n'est pas pour jouer seul, cet instrument s'apprend en quelques jours car il faut juste retenir les gammes et que c'est principalement pour donner les sons décoratifs qui sert d'assurer le rythme de base comme la contrebasse.

Quand on est dans une troupe musicale, le plaisir est de s'émerger dans le tout musical et de se laisser emporter instinctivement par la musique. C'est ce qui s'aperçoit sur scène: l'ivresse. Le percussionniste est visiblement dans son univers. Il danse ses bras en faisant les claquements de doigts pour faire du rythme, il met le tembourin sur le rond du grand tembour qu'il bat, ce qui produit un son de tembour mélangé de celui de grelot. Et puis il utilise les instruments qui ressemblent à ceux dont le public chinois est familier : le kuai-ban(le percussionniste m'a dit un terme mais je n'ai pas pu le retenir...sur Internet il y a la traduction anglaise comme "a kind of rap"...faint...) , il frappe les poissons de bois (Mu-Yu) en imitant les pas du cheval. Rythme de génie.

Les chants s'avèrent d'autant plus allègres que les improvisations se multiplient au fur et à mesure. A un certain moment, les quatre solistes avancent, se mettent en avant pour jouer de petits épisodes de la courtoisie amoureuse. Pas besoin de connaître les langues (quelles langues déjà, basque, latin, espagnol, italien, français...) pour les comprendre, leur corps et leur ton s'expriment. Qui ne comprendra pas leur badinage de l'amour, les fausses bienveillances, la stupéfaction du monsieur devant la dame faussement irritée, la main retirée et la tête retournée? Les ondes des yeux, le sourire réservé, le raideur vers l'un et la tendresse vers l'autre? Parce que l'amour, comme la musique, c'est l'un des plus communes des choses que l'on puisse partager à n'importe quel coin du monde.

Le concert s'est terminé sous l'acclamation du public. L'enchantement total. Les amis français disent qu'ils n'ont jamais pensé que la musique baroque pouvait être aussi léger et réjouissant, ils croyaient, comme je le croyais, que la baroque, c'est Lully, c'est Bach, c'est le sacré, le religieux, et une petite dose de profane. Mais non. La cantatrice dit dans une interview que le baroque, pour elle, c'est la passion tout court.



(plus d'infos sur
Le poème harmonique: cliquez ICI)



Le percussionniste et son amour


Je demandai à Joel s'il a toujours été percussionniste, il dit qu'ah oui, je ne sais que faire ça. Ca fait longtemps que tu joues dans le Poème Harmonique? Non, dit-il, avant, je jouais dans un groupe de rocker.Waouh.

Sur la table de repas il a ainsi résumé les similitudes des instruments de percussions: que les musiciens de différentes cultures prennent les outils similaires et après, ils auront chacun leur méthode, et chacun y ajoutera des contenus avec leur propre Histoire.

Son amour est une espagnole souriante. Son identité nationale se distingue subtilement à travers les yeux. Je suis convaincue que les yeux des espagnols, hommes ou femmes, brillent parce qu'il y a du soleil; tandis que pour les italiens, le soleil se trouve sur leur corps. Lorsque la charmante me dit qu'elle est actrice théâtrale, je me suis émerveillée sans trop savoir pourquoi je m'émerveillais. Je leur dis que vous êtes enviables, et je leur demandai d'en prendre les photos.

12/04/2009

Con-versr

Delphine: Et pourquoi tu as décidé d'apprendre le chinois plutôt que les autres langues?
Anaïs: Bah... à l'époque j'avais envie d'apprendre à dessiner, et puis j'ai vu que le chinois c'est un peu comme...
Delphine s'émerveille.

...

Delphine: Alors tu es maintenant chinoise ou française?
Anaïs: Mais je suis française! Tu sais, pour avoir la nationalité chinoise, il faut avoir la mérite...ou sinon, il faut que tu choisisses et tu n'en prends qu'une nationalité. C'est sacré comme une religion, comme quoi, quand t'es catholique, tu ne peux pas croire à d'autres religions.
Delphine se brouille: on a dit que la Chine n'est pas un pays religieux?

***

Fiona: au fait tu es française ou chinoise?
Delphine: chinoise plutôt. enfin...
Fiona: Et pourquoi tu as un nom français?
Delphine: Euh...parce que j'ai l'habitude d'être appelée Delphine lorsque je parle avec les européens.
...

Delphine: Au fait, tu t'identifies plutôt à quel territoire? Australie? Canada? Belgique?
Fiona: je sais plus. Je suis perdue...Tu as peut-être le même sentiment, non?
Delphine: exactement.

...

Farida: Dis donc, Fiona, t'as les yeux verts et au fond c'est du brun. C'est très rare. Tu devrais avoir qch en toi...

***

Fille: vous croyez que quels genres d'hommes ont du charme?
Farida: Ceux qui aiment les femmes...et quand je parle d'aimer, je parle de respecter. Les hommes qui savent respecter les femmes sont rares.
Fille: Et à votre avis, M. Sarkozy a du charme?
Farida: lui oui. pour les politiques je sais pas. Mais à ce niveau, c'est quelqu'un qui aime les femmes et qui a du charme, oui.

***

Fille: vous avez peur de vieillir?
Farida: certainement, comme tout le monde d'ailleurs...mais en même temps c'est de la chance...ceux qui ne vieillissent pas sont morts.

***

Delphine: tu préfère être mannequin ou actrice?
Farida: actrice. d'être mannequin c'est...dûr, et moi je refuse des choses, tu vois...
Delphine: tu crois que c'est important de garder ton propre...style?
Farida: oui, j'aime être naturelle. C'est important, parce que ça dure. Il y en a qui ne durent pas.

***

- C'est une chose intéressante. les films semblent être en train de parler d'autres choses, alors que ça parle toujours de soi-même. C'est sorte de regard sur soi-même à travers les regards des autres. (C. Klapisch)

***

-Tu as fait de bons boulots, tout va bien, mais sois plus sûre de toi, parle plus fort. Et puis... je sens qu'il y a quelques choses qui manquent... juste une touche, tu vois...je sais pas définir...(la patronne)
(voix-off de Delphine: une partie de vie peut-être... une partie de Delphine enlevée...ou la vitamine?)

***

Départ demain bon matin. Aller à Shanghai. Derniers trois jours de combat. Souvenir exceptionnel. Pour une fois Delphine va dormir dans un hôtel dans sa ville. Ce serait drôle.

03/04/2009

Allez, pour finir...







Grrrrr...

-Bon Delphine, c'est juste pour te le dire, ici tout le monde a fini son planning sauf pour la presse. Lundi au plus tard il faudra finaliser les choses hein. Semaine prochaine les gens arrivent et on commence déjà. Voilà, je te mets la pression. Prends ta vitamine et au boulot.
-Delphine je t'ajoute une pression, d'ici ce soir il faudra que tu vois vraiment bien comment on fait pour organiser les interviews du samedi aprèsm, demain on va voir ça sur place à l'hôtel, ok?

Par conséquent, je suis devenue, pendant toute la journée, hyper concentrée(jolie synonyme de "stressée") et efficace et je file les confirmations à notre équipe. En compagnie de la musique créole (merci Andréa) je téléphone d'abord au lieu d'envoyer tout de suite les papiers sur lesquels les journalistes n'y glanceraient peut-être que d'un oeil. Je téléphone et présente, rappelle, négocie, convaincre, invite, inspire même. Les conversations sont pour la plupart du temps réjouissantes. Les journalistes me ravissent en disant tout d'un coup "ah oui, c'est intéressant...".

***

- Allô, Panorama? Nous sommes un magazine masculin genre Playboy, nous pourrions faire une photo shoot avec Binoche?
-Désolée, c'est trop tard et c'est déjà plein...dommage que nous n'avons pas eu vos contacts avant.
-Ah...en effet, nous avons entendu parler de vos événements par les amis...

- Mais est-ce que vous avez vu notre liste de la délégation? Et la soirée d'ouverture, vous en êtes au courant? Binoche sera présente aussi. Et puis il y a une actrice qui a été mannequin...
- Oui, c'est intéressant. Vous m'envoyez les dossiers?
- Volontiers.
- Et qu'est-ce qu'il y a à la soirée d'ouverture?
- Euh c'est un peu comme à Cannes, à l'extér, il y a tapis rouge médias invités et leurs petits mots, à l'intérieur il y a une installation de dégustation artistique. Celle-ci est bien original et s'est très bien passée à Shanghai.
- Ah!! Ca m'intéresse! Au fait nous préparons les thèmes comme "beau vin/mei jiu", "beau bouffe/mei shi", et aussi "bella/ mei nv"!
- Très bien. C'est génial. Je vous passe à mon collègue, lui s'occupe de la déguste. Pour les actrices merci de me confirmer votre liste d'itvs asap.

- ok merci, keep in touch!

***

A un certain moment, je me rends compte que mon rôle d'attachée de presse ressemble bien au travail d'une directrice du mémoire: contexte/domaine d'un média, sujet/topic à proposer, problématique/ la direction d'une interview, le plan/le plan des questions...les rdvs avec la prof/ les réunions avec le rédacteur en chef pour décider : interviewer ou pas! Je parle et parle, je partique l'art de l'argumentation et j'ai compris que les cours de sociolinguistique que j'ai pris à Bergamo m'ont bien été utiles.


Et puis j'envoie les documents pour que les journalistes intéressés préparent leur projet. La préparation d'un projet d'interview, c'set chose mutuelle et chose de coeur. Il faudrait accompagner le journaliste pour tout finaliser, et avec bonne volonté en espérant de mener ensemble des choses vers le "paru", afin d'éviter que l'un ou l'autre ne se perde. De simples "ci-joints" seraient ignorables et bien sec. Il m'a fallut, pour certains médias importants et intéressants, écrire de longs textes pour donner les infos et les propositions. j'ai l'impression d'avoir préparé de mon côté plusieurs projets de dossiers, sur les films, les parcours des artistes, les thèmes sociaux, la tradition de la comédie française, l'aspect comparatif entre le langage comique dans la tradition du cinéma muet occidental et le gestuel dans l'opéra de pékin, la diversité de la francophonie, le cinéma français d'aujourd'hui et son historique, la mode et le cinéma, les productions, les documentaires-fictions, etc.

A un certain moment, j'ai eu envie d'écrire sur tous ces sujets. Le média, c'est chose terrible et parfois chose très formante, s'il parvient à subsiter tout en bien guidant le goût public. L'un des deals qui m'a plu le plus, c'est qu'une responsable d'un magazine de jeunesse propose d'envoyer leurs journalistes lycéens pour qu'ils interviewer les délégués concernant les thèmes de jeunesse. (Muyl, bien sûr, et le film Stella que j'ai pas encore eu le temps d'en écrire) Moi-même étant bénéficiée des mags de lycéens, je ferais mieux pour que les jeunes lycéens aient cette occasion pour dialoguer avec les professionnels du cinéma et en retour, ces réalisateurs auraient forcément intérêt à découvrir la mentalité des jeunes chinois, de même que la réaction de ces derniers sur leur travail.

***

En voici un autre deal exemplaire avec une journaliste d'un mag de qualité qui m'engueule parce qu'elle a râté l'interview individuelle avec Binoche.
...
- Mais je comprends toujours pas, comment ça se fait que notre demande soit néglié comme ça?
- Comme ce que je vous ai expliqué, Binoche est venue d'abord pour la danse et ensuite pour Panorama, elle a ses propres PR et nous ne sommes pas en charge d'assurer votre demande parce que c'est pas nous qui décidons, nous ne faisons que transmettre et c'est pas nous qui prenons la décision pour sa presse.
- C'est bien absurde non? Vous vous êtes mal organisés! Comment on fait alors? Encore un peu d'effort, non? Vous savez que nous, nous écrivons d'articles de qualité et nous gardons les qualités propres des oeuvres d'art.
- ...... Alors vous avez bien eu notre liste de la délégation, je crois? Comme vous travaillez bien sur les arts sérieux, je vous propose de voir, euh par ex le sujet de la production du cinéma. Le président de l'Unifrance arrive cette fois et c'est l'occasion à ne pas manquer de l'interviewer. Puis on vient d'ajouter dans notre liste le responsable du département des affaires internationales du CNC, vous savez, c'est un peu comme le SARFT en Chine. Avec ces deux puissants vous pourriez aborder le sujet de la production, de la co-production internationale, de la coopération Eu et non-Eu dans le domaine audio-visuel, etc, le système du cinéma français a quand même bien des choses à apprendre, comme référence, pour le cinéma chinois...

- Mais sachez que d'habitude nous travaillons que sur les oeuvres(sous-entendu: les films).

- Hé bien nous avons plusieurs oeuvres intéressantes, reste à les faire mieux connaître au public, n'est-ce pas ce que sont censés faire les médias?
- Mais il faut que ce soit connu au moins...il faut que les gens veulent le lire quand même.
(Ma foi quelle logique, j'ai entendu tout le temps qu'on me dise qu'il faut que le star soit connu pour que les interviews puissent être faites et que les articles peuvent être lus, je comprends que la survie d'un média n'est pas facile à nos jours en Chine, néanmoins, me trouvant en face des médias, je préfère résister au mythe de la célébrité. Ce serait dommage de ne se battre que pour interviewer Binoche pendant un minimum de minutes en la prenant en photo, encore que son attitude pour la vie vaut plus que sa beauté physique.)
-... Je me suis tue et la journaliste a dit au revoir.


10 minutes plus tard elle a rappelé.

-Ce que vous avez proposé me semble intéressant, normalement nous ne faisons que les reportages sur les films, mais comme il y auraient bientôt les salles de cinémas artistiques (à Pékin!), je pense que l'on pourrait parler de ça avec les deux personnes dont vous avez parlées.
-
Très bien! Vous avez besoin de combien de temps?


Donc, vendus!
C'est peut-être ça un bon magazine. Qu'il écoute et réfléchisse et prenne les initiatives.

***

Je n'ai pas fini les appels et la patronne m'a appelée. Delphine tu peux pas prendre une photo du haut là, en plongée, pour mettre tout le monde dedans... tu me la passe tout à l'heure?

Et puis les choses s'évoluent et j'ai eu ce clip hors du commun...










Pour infos pour petite détente...

15/03/2009

Hé~ Rumba!(le film)

RHUMB ou RUMB n.m. (...) altération (sous l'influence de l'espagnol rumbo et de l'anglais rhumb) de rym de vent, de l'anglais rim "cercle extérieur d'une roue" MAR. Quantité angulaire comprise entre deux des trente-deux aires de vent du compas, et égale à 11°15'.
[--Dictionnaire le nouveau petit Robert 2007, pp.2250]

RUMBA: danse à mesure binaire, dont le rythme se compte en 4 temps. A la différence du cha-cha-cha, pour laquelle on compte un-deux-trois-chacha, dans le pas de base de la rumba, la mesure est comptée comme deux-trois-quatre et/un. Le premier temps est le temps fort, mais on part sur le dernier temps qui consiste en une suspension: entre 4 et 1, c'est le temps majeur où l'on fait un mouvement de hanche et une rotation. (Source)

"La rumba évoque pour nous quelque chose de profond, de physique, de sensuel." -
-- Le Trio Réalisateurs


RUMBA : "...un film d'humour belge, une histoire d'un couple qui tombe puis se relève, qui retombe puis se rerelève, qui reretombe puis se rererelève, qui rerere..."


L'annonce de la sortie du film en France était ainsi répétée d'un ton hilarant, sur France Info en septembre de l'année dernière. Je n'ai pas pu retenir le nom des réalisateurs, et pourtant, je me suis souvenue que c'était la "Rumba" parce que c'est l'une de mes préférées parmi les danses argentines, et que la critique disait que le film marquait un style renouvelé et exceptionnel du cinéma belge, déjà pas mal évoqué dans les brochures de projections pendant les vacances du Cinéma Rive Gauche de Perpignan. Comme j'étais alors au dernier stade de la rédaction du mémoire, puis aux préparations du départ de Perpignan, je n'ai vu ce film ni à Perpi, ni plus tard à Paris.

Je deviens ravie lorsque j'ai vu le nom de Rumba dans la liste des films sélectionnés pour cette édition du Panorama, et que j'ai compris qu'il s'agit bien de Rumba le film belgique que j'ai entendu parler à la radio l'année dernière mais que j'ai manqué. En voyant les premières scènes du film, je ne peux m'empêcher de crier: c'est encore eux!

C'est bien eux, le trio qui a réalisé l'Iceberg: Abel & Gordon, Bruno Romy. J'ai vu l'Iceberg un peu plutôt en été dernier, séduite justement par le dit "style renouvelé du cinéma belge". Cet après-midi-là, il faisait chaud dehors, il n'y avait pas bcp de gens dans la petite salle. C'était un sentiment frais que j'ai eu pendant la projection de ce film. D'abord la fraicheur du style: un style que je n'avais jamais découvert auparavant, d'autant plus admirable que je me trouvais un peu lasse des fictions françaises teintées de noirceur projetées à l'époque. C'est une sorte de comédie grotesque qui fait sourire non pas avec les langues et les mimes mais avec le corps entier des acteurs. On allait presque dire dans un premier temps que ce n'étaient que les conneries, que qu'est-ce qu'ils jouent, ces clowns sur scène cinématographique.

Néanmoins, les choses sous-jacentes peuvent atteigner le coeur de manière inattendue, et sont marquées d'une ingénuité qui va à l'encontre de notre époque, d'une irrationalité féérique relevant de l'enfance: quels sentiments choisissez-vous, devant la scène où Fiona, deux cônes de crème glacée à la main, revient au port chercher l'homme muet et sourd, alors que ce dernier s'éloigne déjà sur un canot? En rire parce que c'est "deux cônes"? (quel jeu de mots, imaginons que la vendeuse de gelato vous demandera l'été prochain: vous voulez la cône ou le coupe?...) ou donner un léger soupir pour ce rdv manqué?

La vision de féérie, ou de fable empathique, a été largement soulignée dans la décoration et le repérage: les endroits si bien colorés et d'une sensation oniriques, les dessins dans la petite chambre maritime de l'home muet et sourd, devenu le naif troisième du couple; l'orage sur mer qui semble avoir eu lieu dans un espace imperméable, la danse près de la jetée ecossaise qui ressemble à celle de St Andrews...

Le passage de l'Iceberg à Rumba est marqué tant par une continuité évidente sur la conception générale du style, qu'un développement linéaire et parallèle sur le plan thématique. Tous les titres impliquent le mélange des langues et donc des cultures, la scène de la chambre à coucher se répètent en se variant dans les deux films. Dans l'Iceberg, c'est sur le thème de la quête indéfinie d'un sentiment et d'une vie d'ensemble véritables du couple, mêlée de l'égarement mentale, géographique voire temporel; dans Rumba, le couple part de l'état idéal d'une vie nuptiale au premier temps(le temps fort, comme indique le principe de la danse), pour se confronter aux vicissitudes de la réalité tout en tenant la faible espoir d'optimisme. De l'Iceberg à Rumba, l'évolution est ce que l'expérimentation ultraréelle est devenue plus pieds sur terre et donc plus populaire: c'est donc judicieux que, avant que le Panorama ne commence, les distributeurs basés en Chine ont déjà décidé d' acheter Rumba, censé pouvoir mieux plaire au public chinois et rafraichir leur goût pour l'amusement teinté de noirceur.

L'humour à la belge, c'est ça qui fait signature pour ce trio réalisateurs qui ont fait ces deux films. A ce sujet, je me souviens du propos d'une professeure universitaire belge à l'occasion d'un colloque sur le thème du "Rire Européen". Avant de parler de l'humour belge, elle se plaignait, elle disait que ce n'était pas juste que tous les européens, et particulièrement les Français, et plus particulièrement les parisiens dont elle ne supportait pas l'arrogance, se moquaient des belges. Elle citait les blagues françaises visant aux belges, elle déplorait qu'à Paris, les chauffeurs pouvaient se montrer insolents en attendant les feux verts juste parce que sur le panneau de sa voiture était marquée BE. Elle se plaignait et elle riait elle-même, toute la salle riait avec elle. C'était la première fois que j'ai connu l'humour belge et son charme étrange. J'étais impressionnée par sa personnalité, par sa présence même qui évoquait le rire sympathique: tout le monde était bien sérieux (mais que veut dire être sérieux...), elle l'avait l'air aussi, mais elle était avec son chien et quand elle allait monter sur le plateau et parler au micro, elle emmenait son chien: un petit chien noir de poils frisés qui était très sage durant tout le colloque. Je trouvais merveilleux cet accompagnement intellectuel.

L'humour belge n'est pas forcément un humour noir, comme appellent certains médias chinois qui disent qu'une large partie des films de cette années sont de ce genre. Au contraire, c'est un humour provenant de l'âme blessé, un rire de celui qui souffre, et c'est ça le plus réel et le plus sincère des choses de la vie. C'est un style amer et chaplinien, non pas en noir-blanc mais coloré de manière extravagante; une drôlerie à la fois décalée, inattendue et profonde, tellement que le rire même peut nous échapper.

"Une poésie burlesque", voilà le bon terme. Burlesque l'amour nuptial, burlesque les souffrances de la réalité de la vie : impossible d'y échapper... Et alors?

Rien... Rient.


(la dernière phrase est le propos d'une invitée lors de la réception de l'ambassade dans le film India Song de M. Duras)







"Notre film raconte la quête burlesque d'un couple heureux, totalement abandonné par la chance, qui court après le bonheur perdu et s'en éloigne un peu plus à chaque pas. Il parle de la maladresse humaine, de la fragilité du bonheur et du besoin d'amour. Le destin cruel et malicieux qui s'acharne à faire trébucher nos héros dérisoires révèle le côté insubmersible de l'être humain, son optimisme sans cesse renouvelé, son espoir inépuisable. Que reste-t-il quand on perd tout ce qui fait notre bonheur ? Pour nos personnages, au bout du voyage, ce qu'il reste, c'est l'amour, égratigné, fragile, mais bien vivant."


-- le Trio Réalisateurs



Le film:
Réalisateurs:
Dominique Abel & Fiona Gordon, Bruno Romy
Titre: Rumba Date de sortie: 2007 Pays: Belgique Genre: Fiction Durée: 77'
Site Officiel: www.couragemonamour.net



14/03/2009

L'intermédiaire (ou le chant de Göttingen)

Fresque-station de métro à Pékin(Jianguo Men)



Cette semaine a été bien comblée. Durant 4 jours je reste assise pendant plus de 10hrs dans le bureau devant l'ordinateur, tant que je commence à avoir peur de m'assesoir parce que j'ai déjà mal au noeud où se lie le haut et le bas de mon corps. (à la lettre chinoise, on appelle ça zuogu shenjing, nerf de l'os assis :D)

Dans le rythme accéléré des choses, la stress commence à insuiner dans nos bureaux, la tension s'augmente par moment, et je me suis énervée une fois, en général à cause de la confusion de la charge des missions, et de mon côté à cause de mon tempérament réfractaire. Arrivée toute nouvelle, il m'a fallu un bon effort pour essayer d'intégrer dans l'équipe déjà existée, pour me confronter aux problèmes externes et internes.

Les moments difficiles apprennent, comme toujours. Je me dis que bon, c'est le moment d'apprendre à trouver sa place sous la pression des différents côtés, à garder le sang-froid... et à me rendre moins demeureée au vu de mes collègues qui adorent les blagues et qui se nomment grandes moqueuses. "On ne demande pas le respect, on le gagne". J'ai entendu dire quelquepart cette phrase et j'en suis convaincue, en fin de cette semaine où les choses ont l'air remises sur les rails.

***

Depuis la semaine des conférences de presse, j'ai de plus en plus l'impression que de se trouver entre Pékin et Shanghai est aussi délicat, voire plus délicat que d'être entre la France et la Chine. Dans les deux cas, la confiance mutuelle et la communication sont les facteurs nécessaires pour le travail. La différence consiste à ce que, dans la seconde situation, soit on a les règles du jeu diplomatique à suivre, soit on mène une relation plus personnelle et plus simple. Or pour le cas entre Pékin et Shanghai, j'ai déjà entendu rigoler quelques amis shanghaiens qui disent que les pékinois méprisent les shanghaiens alors que les shanghaiens méprisent les étrangers; et quand je me trouve dans la situation des étrangers basés à pékin contre les shanghaiens, ça serre le nerf parce que ce dont il s'agit, c'est les règles sous-jacentes variant selon l'intérêt de chaque partie aussi bien que celles des fameuses relations internationales.

Je suis devenue je ne sais depuis quand la bonne delphine l'espionne. "L"espion", voilà un terme que j'ai entendu fréquemment à pékin dans les blagues quotidiennes. Peut-être les gens croient bien qu'ils sont en permanence surveillés par un pouvoir magique qui garde les garçons au centre-ville et envoie les filles dans les montages pour les missions de surveillance? Il est dit aussi que les contacts des gens qui travaillent dans le milieu diplomatique sont sous contrôle. Mon lieu de travail n'est pas exactement à l'Ambassade, mais qu'importe.

Quant à mon rôle offert d'espionnage, j'ai fini par trouvé la réponse. Oui, c'est ça. Puis-je dire que les écrivains sont souvent les espions d'amateur du monde? Et plus particulièrement pour mon cas, ça va fait beaucoup travailler. Il faut être espion ni pour la France ni pour la Chine mais entre la France et la Chine, et de même, entre Pékin et Shanghai, entre Melle Zhihong Dong la chinoise et Melle Delphine Dong qui a l'air moins chinoise.

Je commence à bien me demander si mon idéal de la neutralité se tient dans la socialité des choses. En cas de litige, ne serait-ce pas un peu le suicide? En tout cas, l'expérience continue.

***

Je suis tombée sur Göttingen de Barbara cet après-midi sous le grand soleil du nord. Ca fait longtemps que je n'ai pas écouté Barbara.

Il y a à peu près un an, j'ai redécouvert Göttingen de Barbara grâce à un ami. C'était la fin de l'hiver à St Andrews, il faisait encore bien froid. L'ami me faisait écouter la chanson, juste comme ça et il la chantonnait. Je devais avoir l'air stupide, et il me demandait: ça t'émeut?... ça te touche?... Son regard de l'instant était un regard d'enfant si pur et si cher à retenir. J'avais envie de parler mais je ne savais que dire.

Cette nuit même vers 5heures, dans la résidance Gannochy sonna la première alarme du semestre, ce qui m'avait affolée parce que je ne connaissais pas du tout cette tradition: exercice d'évacuation en cas d'urgence que Gannochy fait toutes les trois semaines. J'étais sortie en pyjama avec un manteau, comme bien d'autres, et tremblais dans le vent glacant du février en attendant l'appel du nom. C'était alors que je me souvenais dsoudainement des paroles de Göttingen.

Ctte chanson m'a profondément émue, en effet, et continue à m'émouvoir.







Fresque-station de métro à Pékin(Jianguo Men)



08/03/2009

Conversations de presse

Cette conférence de presse m'a été une bonne exercice de PR. Depuis ces jours, je m'aperçois que d'équilibrer les demandes des médias et de vendre les films et les stars, j'en suis encore loin, il me faudra du moins plus de temps pour dire tout de suite quel film est tourné et joué par qui et avec quel intérêt, ce qu'ils ont fait avant et quels ont été leurs parcours, qui est prêt pour les photos shoot et qui ne peut plus accepter les interviews pendant quelles heures. En revenche, pour les plannings, les communications internes, les préparations des dossiers, je me trouve plus à l'aise. Ca me semble un jeu intéressant d'ailleurs à tatonner les différentes humeurs des services de presse et des journalistes avec qui j'échange les courriels--à me corriger vite aussi, afin d'éviter les tensions minutieuses qui se transmettent entre les lignes.

Le moment de l'accueil a été plutôt drôle. On nous donne leurs noms et, "ah, c'est bien vous!". Cette occasion même est pour rencontrer face à face les journalistes dont je retiens le nom mais que je n'ai jamais vus auparavant, mais aussi les invités intéressants, et éventuellement les anciennes connaissances: une ancienne camarade et amie d'université, une journaliste radiophonique qui m'avait guidé durant mon stage il y a bientôt 3 ans, etc.

J'ai dû néanmoins garder la vigilance pour éviter de tomber dans mon état habituel taciturne, car je sens que ça peut gêner et les interlocuteurs et moi-même. En revanche, au bon terminus de l'événement de la journée, c'est-à-dire après la préparation, l'accueil, la confé, les conversations, les (re)mise-en-paquets des matériels à envoyer dans les autres villes ou à emporter directement par nos chefs qui se précipitaient pour aller à l'aéroport faire la tournée des villes, je me sentais ne plus vouloir parler pour le reste du temps, et c'est là que j'ai compris pourquoi on dit que les PR sont éloquents/bavards dans le travail et plutôt silentieux dans la vie.

***

Lors de la conférence de Pékin au moment FAQ entre les invités et les journalistes, un journaliste de l'agence Xinhua a posé la question sur l'affaire des têtes de bête à l'Ambassadeur: merci de donner votre point de vue, en chinois ou en anglais, sur la vente des deux têtes de bête.

Déjà, pourquoi cette exigence linguistique? D'abord il est dit que cet ambassadeur-là est diplomé de Langues'O et a appris le chinois, mais comme un ambassadeur représente avant tout son pays, il est convenu qu'il parle le français. Ensuite il est dit aussi que l'Ambassadeur parle en réalité peu de chinois: en effet, la connaissance et la pratique ne sont pas forcément la même chose, on a le choix sur la langue avec laquelle on peut mieux s'exprimer, et le fait de ne pas bien parler le chinois n'est pas à reprocher parce que pour un diplomate, l'important dans la communication serait plus d' avoir un esprit de dialogue et de prêt-à-l'écoute: il ne manque pas de chinois qui connaissent bien le français et qui haissent la France, il existe aussi des français qui parlent bien le chinois et avec qui on peine à entamer une véritable conversation. Les langues aident certes à mieux communiquer, mais la maitrise linguistique n'est pas tant une condition prémordiale.

Ce journaliste souhaiterait finalment rendre efficace les FAQ et éviter d'éventuels malentendus à cause de la traduction. L'idée est compréhensible, mais je ne peux pas être d'accord avec. Je connais le travail d'interprétation et la manque de confiance pourrait bien déranger l'interprète et donc rendre pire la conversation. Cette exigence linguisitique est donc bien inutile, et le journaliste l'auraît su lui-même avant de la poser.

La question même est hors d'attente vue que tout le monde est là pour les événements culturels, mais ça ne me semble pas surprenant parce que c'est un topic chaud du moment et que les journalistes aiment souvent se profiter de toutes occasions pour poser les questions, que de réfléchir aux conséquences de l'interrogation n'est pas tant leurs affaires.

Quand ce n'est pas le bon moment, la question est en général facile à répondre parce qu'on n'est pas obligé de s'y affronter: je voulais dire que nous sommes là pour les manifestations culturelles, que les actualités ne s'y mêlent pas, et que ces événements contribuent à la compréhension mutuelle et aux échanges culturels entre les deux pays. C'est ça.

***

Un ami journaliste, qui travaille pour un journal dit le numéro 1 des journaux financier en Chine, m'a dit hier au téléphone que la conférence à Shanghai lui a paru "plutôt bizarre". Je dis comment ça, bizarre? Il a abordé tout de suite le même sujet: un journaliste, sans dire de quelle média à qui il appartient parce que personne ne l'a fait en ce moment-là, a posé la question au Consul: que pensez-vous de la vente de deux têtes?

Effet: le Consul ne semblait même pas avoir entendu la question, leva un peu la tête et regarda ailleurs, comme si rien ne s'était passé dans la salle. Le silence y règnait, et plus de questions de la part des médias. Les journalistes, dont cet ami-là, se sont sentis "insultés".

"Vois-tu, dit mon ami, il auraît dû au moins prononcer qch pour contourner la question...ce serait la moindre chose diplomatique, non? Il a fait au contraire ce geste qui fait sentir mal les journalistes. C'est de la manque du respect pour nous."

Est-ce bien à cause de ça que certaines médias a écrit une info disant que le 6e Panorama du festival français aura lieu en avril afin de "réchauffer"/préparer le 9e Festival international du cinéma à Shanghai qui aura lieu en juin (et qui ne semble pas encore avoir bcp de reconnaissance au niveau international...) ? L'ami m'a confirmé qu'aucun mot comme "en préparation de" n'a été émis durant la conférence, alors ce serait bien une pratique socio-linguistique du media language.

Je peux à peine imaginer l'ambiance du moment de silence, mais je crois que le Consul a probablement voulu exprimer sa protestation toute brute et son mépris, vraiment du mépris, vis-à-vis de l'omniprésence de ce sujet qui semble en train de devenir un sujet politique en Chine et qui aurait encore sensibilisé la relation franco-chinoise. Et peut-être aussi son soutien pour le marché de l'art sans politique? (je dis ça parce que Shanghai devient de plus en plus un haut lieu de marché de l'art après Hongkong, qui est jusqu'ici the number 1)

La différence entre la réaction de l'Ambassadeur et celle du Consul pourrait marquer la différence des caractères de ville entre Pékin et Shanghai. Royal contre Sarkozy, pour aller efficace. Alors encore une fois, vous votez qui?


23/02/2009

La vente des têtes chinoises est-elle légitime?

De la chaussure aux têtes en vente, qu'on n'en finisse jamais de parler de la blessure, l'adorazione et la tension autour de et avec ce sacré pays, mon pays, qui est la Chine.

En voilà une nouvelle affaire qui met encore une fois la France et la Chine en deux pôles opposés. D'un côté, c'est la libre circulation des objets d'art, DONT une tête de rat et une tête de lapin en bronze provenant du Palais de Yuan-ming-yuan/Palais d'Eté à Pékin, sur le marché d'enchères Christie's; de l'autre, c'est l'inacceptabilité que ces deux "reliques" qui portent l'empreinte de l'Histoire de l'opium et du fameux pillage de la troupe anglo-franançaise dans le Yuan-ming-yuan soient en vente sur le marché à l'étranger.

l'aspect juridique:

Pour la Chine, c'est chose évidemment nationaliste et c'est au-delà, car on a tant de sensibilité pour cette Histoire mille fois répétée dans les manuels historiques que l'on a presque le réflexe de s'énerver en pensant à l'invasion des armées ouesternes et au terme de la diginité nationale. S'agissant de l'interprétation chinoise des deux têtes en bronze, on sait que c'est truc symboliste, ceux qui ont la connaissance d'histoire de l'art connaissent ce terme. Alors c'est compréhensible, ce zèle pour le pays, et pourtant on n'est pas arrivé à se comprendre et on se laisse coincer devant le tribunal: endroit où l'on trouverait la solution ultime. J'ai lu quelques parts que le droit est le plus bas niveau de l'éthique, j'y crois mainenant, et j'ai compris que, malgré mon intérêt pour le droit, je n'aurai jamais autant de sentiment pour cette discipline que pour les lettres et les arts.

La vente des 8 objets d'art est en cours entre aujourd'hui et le 25 février. Si les têtes rat et lapin se mettront en vente le 25 au dernier moment de la vente, et qu'on peut en supposer une petite proportion d'annulation, c'est qu'un avocat chinois qui vit à Paris a organisé la préparation des dossiers avec une association d'avocats en Chine pour faire avancer une action urgente. Il aurait fallu avoir une bonne connaissance du droit français pour cela; et aujourd'hui qu'on met de plus en plus d'accent sur la judisprudence (qui convient bien au goût chinois), cet avocat a bien envisagé une possibilité de gagner l'action parce qu'il existe un cas exemplaire où Maroc a réussi à annuler une vente dans le contexte pareil.

L'aspect communicatif:

Ces infos m'ont été transmises par un ami journaliste qui reprend les études à Paris. Au fait, je me suis intéressée à cette affaire assez tôt vers mi-janvier. J'étais alors en stage d'une journée avec une journaliste française basée à Pékin, je suis allée faire une interview avec elle par pur hasard, et l'homme qui nous recevait était l'avocat qui est initiateur d'une association d'avocats qui ont pour vocation de faire retourner les anquitités chinoises perdues à l'étranger: c'est bien idéaliste, comme lui-même a affirmé, et c'est en suivant les quelques cas réussis selon la loi anglo-saxonne qu'il a décidé de faire ce geste. La difficulté en est évidente, dit-il, celle de la communication des aspects culturels et juridiques. J'ai dit qu'il y aurait sans doute les gens à Paris qui pourraient aider, au moins sur la première moitié des problèmes.

J'ai proposé cette affaire au journaliste à Paris sans beaucoup d'espoir, ce fait du bien à la santé lorsqu'on fait qch alors qu'on en porte peu ou pas d'espoir. La réponse du journaliste d'il y a trois jours m'a été inattendue. Je n'ai pas pensé qu'ils ont pu contacter un avocat pour s'engager à l'action. Et puis, un communiqué en chinois m'est parvenu pour que je traduise en français.

J'ai eu de la peine pour le finir, car ca a été d'un ton qui ne m'est pas du tout familier. J'ai dit en renvoyant le texte que c'était presque bon. Puis lorsque j'ai vu le communiqué finalisé, dont j'ai bien apprécié l'aspect argumentatif, je me sens assez contente de voir que la moitié de mon texte a été modifié. Sans avoir besoin d'en faire la comparaison, j'ai compris que mon texte ne peut pas être pris car mon hésitation sur l'affaire même se lit entre les lignes: je confirme que de faire une action pour empêcher la vente est geste brave, qu'il faudrait hausser le ton pour au moins faire savoir ce que signifient ces deux têtes pour les Chinois, pour rappeler l'Histoire; mais j'affirme en même temps le bon droit de possession, selon la loi française bien sûr, de la part d'YSL de ces têtes(ce serait comparable avec le cas des parents adoptants qui ont le droit de garder leurs enfants qui ne sont pas obliger de retourner vivre avec les parents qui leur ont fait voire le monde) et je ne suis plutôt pas optimiste pour la réussite de l'action . Si le retour des têtes devenait un cas juridique, de nombreux musées européens s'en serviraient pour se mettrent à accuser l'un à l'autre et faire retourner les oeuvres d'art dans leur propre pays: la France à accuser l'Allemagne, l'Espagne, les Flamands à accuser la France, l'Italie, les Royaumes-Unis et la France à s'accuser l'un l'autre...

Les pays n'agiteront certainement pas comme tel, il y aurait une certaine exception des oeuvres d'art qui les en épargne (et que, pardonnez-moi, je ne sais préciser davantage). Et puis, faisons un saut au gouvernement chinois, les messages que j'ai reçus m'impliquent que le gouvernement s'en fiche plus ou moins de cette vente, les avocats volontaires ne peineraient pas autant pour les démarches juridiques s'il y avait les soutiens /aides de la part des autorités du pays, sans parler que le gouvernement a d'autres choses à s'occuper en ce moment où l'économie s'inquiète de plus en plus. Tout le monde sait bien qu'on ne peut que/il faut bien mettre de la pression, quel que soit le résultat.

l'aspect journalistique:

La diffusion du communiqué de presse, envoyé au nom de l'association Amis du Printemps, est très souhaitée par l'ami journaliste. Je n'ai pas pu le faire à ce début de la semaine où je me laisse bombarder par les méls; le soir, au moment où je prépare ce billet, je lis déjà plusieurs articles sur ce texte et sur l'avancement de l'action qui se déroule à Paris.

J'ai particulièrement aimé ce qu'a écrit Pierre Haski sur le site Rue89 (cliquez ICI pour lire le texte), une longue analyse écrite avec passion. Et ma première réaction, curieusement, c'est que j'ai finalement compris la différence entre la communication et le journalisme! Ca égare le sujet, mais ca a été ce dont Haski parlait à l'occasion d'un séminaire du Festival photo-journalisme Visa pour l'Image à Perpignan l'été dernier, un topic qui angoisse les professionnels en temps actuel et qui fait partie des dites "crises de la presse écrite". De ma part, je crois pouvoir dire que le journalisme, le VRAI, c'est analyse de toute part, clarification de tous les faits et mise-en-contradiction de tous les points de vue, tout se faisant avec l'objectivité et droiture (si ça existe).

Dans le texte de Haski, une possiblité de compromi est déjà prononcée, comme dans plusieurs d'autres médias: offrir à la Chine ces deux têtes comme cadeau, car au final, ces deux têtes ne valent pas tant que ça pour Pierre Berger. Mais alors ce bon monsieur Berger a laissé entendre dire que lui offrira ces têtes à condition que la Chine améliore la condition de droit de l'homme.

"Absurde." commente Haski. De ma part, le propos de Berger m'a fait rire. La bonne volonté de M. Berger, qui s'est engagé à soutenir les étudiants sortis de l'affaire tian-an-men de 1989, serait indéniable, mais avec une dose d'arrogance, et en même temps simple, pour ne pas dire romantique (voilà le mot qui agace parfois les Français qui vivent en Chine). La condition humaine en Chine a tant à améliorer, il est très vrai, mais pourquoi lui, il imite aussi fidèlement son Président? L'amélioration du droit de l'homme en Chine ne se fait pas en mettant deux choses qui n'ont pas tant à voir aux deux côtés de la balance, et s'il voudrait y contribuer, il lui aurait fallu faire autrement: faire les expos, par ex, sur l'art, sur l'Histoire, sur la connaissance de l'art, ou du marché de l'art, pourquoi pas.

Ce serait du délire de proposer n'importe quoi en pensant tout toute seule. Toutefois, s'agissant de la vente des têtes, une solution m'a semblée bien acceptable: offrir les deux têtes aux musées de l'art chinois/asiatique à Paris. Il n'y pas qu'un musée parisien au choix: Guimet que j'ai connu grâce à une française sinophone(?), et Musée Cernuschi dont un Chinois à Paris a mis du lien dans sa réponse au communiqué. Si cela soit fait, tout le monde sera content. Les Chinois se caleront un peu si l'on explique l'idée de l'exception culturelle, le gouvernement chinois se contenterait de ne pas y mettre la pression, les diplomates français n'auront pas à serrer le nerf, le public français et européen aura l'occasion d'aller voir ces têtes chinoises et connaître un peu la civilisatoin/l'Histoire chinoise, et Pierre Berger, tout comme ce qu'a écrit Haski, aurait pu donner une très belle leçon humainitaire et historique à la Chine, par sa tolérance et sa générosité (ex. du don/mécénat que les riches chinois sont absolument invités à suivre!), avec éventuellement la citation de Hugo qui accompagnerait son joli geste:

"L'empire français a empoché la moitié de cette victoire, et il était aujourd'hui, avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du palais d'été? J'espère qu'un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée."


Mais existe-il un idéal qui se rend réel?


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Infos Presse:

-Pour consulter le communiqué en question: cliquez ICI (fr/cn)
-Infos AFP actualisées: cliquez ICI